jeudi 23 juillet 2015
vendredi 10 juillet 2015
LE HERISSON ET L'ACTUALITE : Le conseil municipal du 25 juin 2015 ou La comédie du pouvoir
«Je
vois très bien que le talent n'a de valeur que parce que le monde
est enfantin.
Si
le public avait la tête assez forte, il se contenterait de la
vérité.»
Ernest
RENAN
*---------------*---------------*
Ses
cheveux encore blonds tirés vers l'arrière en une
«cuche» désinvolte à la façon de ces artistes que la quarantaine
inquiète mais qui veulent faire croire qu'elles l'assument, madame
le maire promène un regard circulaire et satisfait sur la haie de
bras et de doigts dressés alignés devant elle comme une lisière
bordant l'un des nombreux et précieux coins à champignons dont elle
a fait son domaine.
S'il
n'était si tard, sa tenue pourrait d'ailleurs donner à penser
qu'elle revient d'une cueillette. Madame le maire, telle une
Marie-Antoinette aux champs, aime, en effet, à cultiver un certain
négligé qui contraste avec son port de tête altier et son
élocution parfaite.
Les
lunettes juchées sur le bout du nez, les yeux enfoncés au fond des
orbites par le froncement prononcé des sourcils, madame le maire,
contemplant ce spectacle tant attendu et espéré, semble
savourer dans la plénitude cette autorité qu'elle exerce enfin sans
entraves.
« Voilà,
songe-t-elle sans doute, une réunion du conseil comme je les aime :
semblable à une classe d'école primaire, enfin, pas comme ces
classes d'aujourd'hui, avec des gamins agités, impolis, turbulents
et indisciplinés et des «professeurs des écoles» en
mini-jupes tout aussi ingérables que leurs élèves, non, une
classe à l'ancienne, comme à Bothoa, avec de la discipline, des
leçons de morale, de la forme plutôt que du fond et surtout de
l'orthographe. Peu importent les idées pourvu qu'on ait une
orthographe et une syntaxe correctes. Les idées, on peut toujours en
changer, mais l'orthographe doit rester immuable, une rampe à
laquelle s'agripper pour ne pas être entraîné dans le flot
vertigineux de la créativité ou du «n'importe quoi» de certains
forums ou de certains blogs de ce suppôt de Satan que peut
devenir parfois l'internet. »
Et
c'est vrai qu'aujourd'hui, question obéissance et respect des
règles, madame le maire est servie. Pourtant, son plus fidèle
soutien est absent : celle qui accourt à la rescousse au moindre
dérangement, à la moindre perturbation, à la moindre contrariété,
celle qui semble tellement précéder ses pensées qu'on peut se
demander si ce n'est pas elle qui les lui insuffle .
Malgré
cette absence, madame le maire est sereine car une chose plus que
toute autre la ravit : les quatre chaises vides de la minorité...
les quatre trublions de la classe sont absents ! Elle va pouvoir
enfin dérouler son ordre du jour en toute tranquillité : pas
de remarques, pas de contradiction, pas de questions gênantes qui
puissent la mettre dans l'embarras. Les quatre cancres boudent depuis
qu'elle a sanctionné, paraît-il, injustement, cette petite
contractuelle en CDD qui a l'impudence de défendre ses droits. «Non
mais, où va-t-on si le personnel commence à nous tenir tête ?»
semble-t-elle penser. Mais CHUT ! surtout pas un mot sur tout cela,
jouons la grande scène de l' indifférence. Quelques sourires
dans le «public» (trois courageux et deux ou trois journalistes)
montrent que personne n'est dupe, la ficelle est tellement grosse !
En
attendant, c'est le premier conseil qui va se dérouler comme elle en
rêve depuis les dernières élections : dans l'ordre et la
discipline. Ne sont-ils pas mignons tous ces petits conseillers qui
dressent leur petit index vers le plafond dans un même élan dès
que madame le maire appuie sur le bouton ? Il y en a bien
quelques-uns qui oublient de lever leur deuxième petit doigt quand
ils ont une procuration et puis aussi il y a, pour montrer à la
maîtresse qu'il maîtrise le sujet, quelques interventions
intempestives du premier de la classe très vite remis à sa
place par un haussement d'épaules ou deux ou trois mots cinglants.
Il faut bien apporter un peu de piment au spectacle car, quel affront
si le «public» piquait du nez en écoutant le monologue de la
tête d'affiche ! Alors on sort le grand jeu !
Madame
le maire paraît ressentir le vertige de cette domination enfin
assouvie qui semble se répandre sur le conseil comme une lave
épaisse sur les flancs d'un volcan après l'éruption si longtemps
contenue et, c'est donc dans un état de béatitude extrême, qu'elle
enfile les délibérations et la litanie des «15 pour, 0 contre»
agrémentées de quelques perfidies à l'endroit de l'ancienne
majorité car il n'y a pas de petit plaisir, n'est-ce pas ?
Sont
ainsi votés à l'unanimité («15 pour, 0 contre», vous
l'aurez compris) les points suivants :
- l'interdiction des portables et des tablettes pendant les réunions du conseil municipal. Le smartphone est pourtant devenu un instrument de travail indispensable pour certains : rechercher une donnée, la signification d'un sigle, consulter son planning, ses notes.. Il est bon de préciser que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de Soissons au dernier conseil est un SMS reçu par Carole Le Jeune et expédié par son mari hospitalisé la veille et opéré le jour-même. La lecture du message a duré quelques dizaines de secondes mais a été exploitée par madame Bouillot comme prétexte afin de justifier la suppression des portables et lui permettre de déclarer dans l’ECHO : «La dernière fois, nous avons tous été chiffonnés par l’attitude de certains qui ont passé le conseil municipal à regarder leur portable. C’est d’une impolitesse rare.». En réalité, madame le maire semble être atteinte depuis quelque temps d'une paranoïa suraiguë déclenchée par ce type d'appareils. «Sa» réunion sur le projet minier n'en est-elle pas une autre preuve ? N’a-t-elle pas exigé de tous les élus présents qu'ils éteignent leur portable et ne les a-t-elle pas menacés de procès si des enregistrements étaient effectués ? Considère-t-elle que tous ses collègues sont tous de grossiers personnages comme elle veut le faire croire de la minorité municipale callacoise ? La vraie cause de la phobie des téléphones mobiles de notre maire ne serait-elle pas … LA PEUR DE L'ENREGISTREMENT ? Mais de quoi a-t-elle peur ou qu'a-t-elle à cacher... ?
- le refus d'accorder la gratuité de la salle des fêtes à l'association Callac Culture pour compenser la perte de 470 € lors de l'apéro-concert du mois de mai dernier. La situation sera, paraît-il, réexaminée au moment du prochain budget : si le bilan n'est pas satisfaisant, l'association pourra demander une subvention exceptionnelle. Et, sait-on jamais, madame le maire qui a déploré le peu de fréquentation à ces apéros-concerts décidera-t-elle, peut-être, d'ici là de les honorer de sa présence... ?
- la répartition du Fonds national de Péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) dont les orientations font suite à la réforme sur la taxe professionnelle de 2011. L’augmentation de 51 684 € par rapport à 2014 de ce fonds, permettra une recette supplémentaire pour Callac de 4772 € tandis que la communauté de communes percevra l’essentiel de cette augmentation soit 38 911 € en plus ce qui permettra de rétablir une trésorerie un peu plus saine.
- le redéploiement des subventions accordées par le Conseil Général à la communauté de communes dans le cadre du contrat de territoire. Il était prévu une deuxième tranche d’extension du Parc d’Activités de Kerguiniou et les études du projet d’aménagement numérique en Très Haut Débit sur le canton. Cette extension (deuxième tranche) étant abandonnée en raison de l'insuffisance de remplissage de la première tranche et les études étant prises en charge dans le cadre d’un autre financement, ces subventions d'un total de 245 554 € seront redéployées entre les communes. Callac propose donc d’inscrire, dans le cadre de cette « revoyure » ( désolé, c’est le terme technocratique !) du Contrat de Territoire, les travaux de traitement de la mérule, diagnostiquée dans l'Eglise en 2014 (et non il ya 5 ans comme a persiflé Madame le maire).
- la convention avec le SDIS (les pompiers) qui permettra de minorer la «contribution incendie» de la commune en proportion des heures de mise à disposition de ses agents municipaux pompiers volontaires qui constituent, soit dit en passant, le dernier rempart à la dégradation de l’offre de soins sur notre canton.
La comédie, pardon, le conseil, a duré 40 minutes. La messe est dite. Le rideau est tombé. Circulez, y'a plus rien à voir.
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AVERTISSEMENT :TOUTE
RESSEMBLANCE ENTRE LE HERISSON CALLACOIS ET LA MINORITE CALLACOISE
N’EST PAS PUREMENT FORTUITE CAR CES DEUX VILAINS EMPÊCHEURS DE TOURNER EN ROND S’APPUIENT SUR DES
PERSONNAGES EXISTANT OU AYANT EXISTE ET DES FAITS REELS .
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mercredi 1 juillet 2015
Le mystère de la Verte Vallée : une « ankouête » de l'inspecteur Harry Sonn .
CHAPITRE
III
En
ce début d'été, le vent fou de nord-est qui avait sévi pendant
tout le printemps semblait avoir déposé les armes et un
primesautier rayon de soleil se faufilait entre les lamelles du
store déjà baissé de l'unique fenêtre du bureau du commissaire...
- Inspecteur Harry Sonn ! Quelle divine surprise ! Mais où étiez-vous
passé mon vieux ? Vous savez, on commençait à s’inquiéter
ici ! Les hypothèses allaient bon train... Vous vous rappelez
notre dernière conversation concernant l'affaire des tags ? L’Ankou,
l’Opus Dei, le gang des mères de famille, le déguisement de vos
agents en mystérieuses nonnes. Que d'explications possibles à votre
soudaine « disparition » !
- Trêve de littérature policière ...Vous voyez, je suis de retour
sain et sauf et, n'ayez crainte, l’enquête se poursuit,
Patron !
- A petite vitesse, non ? Il va peut-être falloir accélérer, mon
petit Harry ! Parce que bientôt les pièces à conviction vont
disparaître : le fameux projet du plan d’eau de Callac va
démarrer et la mairie, après avoir caché les tags sous une couche
de peinture blanche, a commencé à vendre les tôles !
- Vous me prenez pour un bleu, ce ne sont pas les photos qui manquent,
c'est pourquoi nous avons décidé de donner le feu vert pour
la dépose des tôles bien que nous n'ayons pas encore trouvé le
coupable. En plus, vous savez, l’affaire du Bacardi vient
seulement de se terminer et a mobilisé tous les effectifs depuis le
mois de janvier. Avouez que l'affaire était autrement plus
grave !
- Oui, triste affaire mais belle réussite pour nous. Le préfet m’a
félicité personnellement. Beau travail Harry !
- Le Bacardi et l'association Melrose vont peut-être
pouvoir enfin reprendre leur activité.
- Espérons qu’ils pourront se relever de toute cette sombre affaire
et de cette année blanche. Quant à vous Harry, j'insiste, il
va falloir remettre illico presto votre flair légendaire au service
de l'affaire des tags...
- Mon flair ? Vous ne sauriez mieux dire, Patron, nous tenons une piste
sérieuse...
- Enfin ! Autre divine surprise ! Et qui, cette fois-ci ?
- Douar Didoull !
- Qui ?
- Vous m'inquiétez, Commissaire, c'est vous-même qui m'avez
expliqué que cela signifiait en breton « Terre sans trous »
et que c'était le nom du collectif de citoyens qui s’est constitué
au mois de décembre dernier pour s’opposer au projet minier
sur Loc Envel.
- Ah oui ! Cette histoire d’exploration minière me
revient. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi on peut être contre, ça ne peut être que bénéfique pour le coin, non ?
- Ben, justement c’est pas l’avis du collectif, et pas que du
collectif d’ailleurs.
- Oh, je m'en doute, il y a toujours des « anti-tout ». On
est peut-être assis sur une mine d’or mais, surtout, ne rien faire
pour le savoir !
- Ce n'est peut-être pas aussi simple que ça, Patron. D’abord sur
le PERM de LOC ENVEL, il ne s'agit pas d'or mais de tungstène.
- Ah tiens ! Du tungstène ? On en a tant besoin que
ça ?
- Ben oui, pour les foreuses par exemple !
- Je vous reconnais bien là, Harry. C'est bien votre goût du
paradoxe. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. On fore
pour trouver un minerai qui permet de fabriquer des foreuses !
C’est marrant votre truc ! C'est l'art de forer en rond ! Et
qu'est-ce qu’elle reproche à cette campagne de recherche minière
votre « Terre sans trous » ?
- Décidément Alzheimer vous guette, Patron, nous avions déjà évoqué
tout cela il y a plusieurs mois et, malheureusement, plus les
informations arrivent, plus les craintes des opposants se
confirment...
- Dites-moi, Harry, n'auriez-vous pas, tout enquêteur que vous êtes,
choisi votre camp ?
- Le maire de Callac vient d’organiser une réunion
d’information pour les élus du secteur dit de Loc Envel en
présence d'un représentant de Variscan Mines, la société qui
demande ce fameux permis exclusif de recherche minière, (PERM).
Cette réunion m'a beaucoup donné à réfléchir...
- Vous y étiez ? A quel titre ?
- Oh ! Ça n'a pas été facile ! La réunion se déroulait à
huis clos ! Que des élus concernés, pas de presse, pas de
contradicteurs et, bien sûr, pas de Douar Didoull !!!
- Eh bien, je croyais que madame Bouillot avait fait campagne pour
rétablir la transparence à Callac... Mais vous, Harry, que
faisiez-vous là ? Vous assuriez la sécurité ?
- Non, mais j’ai réussi à m’infiltrer dans le cadre de l’enquête
sur les tags et la piste « Douar Didoull ».
- Bien, quel espion vous faites ! Vous allez bientôt
pouvoir reprendre le « Mon nom est Sonn, Harry Sonn »
à la façon de James Bond !
- L'évocation est on ne peut mieux choisie ! La réunion a été
d'entrée digne de « Goldfinger » et de « Bons
baisers de Russie » car Lise Bouillot a tout de suite dégainé
et envoyé une avoinée à tous les élus présents :
« Interdiction d’enregistrer la réunion, menace de
procès ... » J'en passe et des meilleures ! Ça
commençait mal ! Heureusement qu’on a du matos discret dans
la police !
- Vous voulez dire que vous avez tout enregistré ? Mais
comment ont réagi les élus à cet aimable préambule ?
- Aucune réaction ! Totalement médusés ! Comble du grotesque,
certains, comme madame le maire de Bulat, se sont retrouvés à
la porte, «enfermés dehors» car l'accorte maîtresse de
cérémonie avait fermé son bunker à clef !
- Mais c’est du Poutine qu'elle nous fait là !
- Ou du Coluche, comme vous voudrez, souvenez-vous du film « Les
vécés étaient fermés de l'intérieur ». Ça devient du
Grand- Guignol : il paraît qu’elle vient de prendre une
délibération pour interdire les portables , les tablettes
numériques et les ordinateurs pendant les réunions du conseil
municipal …
- A peine croyable ! Mais ce sont pourtant des instruments de travail !
En tout cas, voilà qui va réduire les besoins en métaux rares à
Callac! C’est pas bon pour la société VARISCAN MINES, ça. Alors,
ça veut dire qu' elle est contre le projet ?
- Comme d’habitude avec elle, ça dépend des jours et des
circonstances… mais en ce moment elle est pour.
- Et les autres élus du secteur ?
- Plutôt contre .
- Quels sont leurs arguments ?
- Oh ! en gros, l'existence de menaces évidentes et prouvées
sur l’environnement et de pollution des eaux souterraines alors
qu’on leur demande en haut lieu de développer le tourisme
vert et de travailler sur la qualité des eaux bretonnes. Ils ne
croient ni aux retombées sur l’économie locale, ni
à la création d’emplois, ni à l'apport de nouveaux revenus
fiscaux locaux. Par contre, ils s'attendent à de nombreuses
nuisances : bruit, poussière, détérioration de la voirie et
des sites naturels.
- Cela me semble à moi aussi quasi inévitable.
- Il y a aussi plus inquiétant. Le dossier est très opaque et
incomplet , il y a pas mal d’impasses sur les risques en matière
de pollution des eaux et de modification de l’écoulement des
nappes souterraines lors des forages .
- C'est pourtant un point primordial dans ce secteur où prennent leur
source d'importants cours d'eau bretons.
- C'est vraiment le dernier des soucis de VARISCAN MINES ! On a
vraiment l’impression d’avoir affaire à une bande de
spéculateurs qui surfent sur la bulle minière et qui voudraient
bien partir en retraite après un bon coup boursier grâce à leur
investisseur australien.
- Australien ? Mais je croyais que Montebourg avait lancé ce
programme minier « national » pour redonner à
la France une indépendance en approvisionnement de métaux rares
pour notre industrie électronique et informatique .
- Vous avez tout compris, Patron !
- Je commence à penser comme vous qu'ils n' ont peut-être pas tout à
fait tort vos « Douar Didoull » !
- Il n’empêche que la loi est la loi et que, s’ils sont
responsables des tags sur le marché aux veaux de Callac, notre
devoir sera de sévir même si ce sont des « gentils »:
les RG craignaient une manifestation surprise pendant la réunion à
la mairie de Callac mais il n’y a rien eu ! Le collectif
semble préférer la lutte pacifique.
- Enfin gentils, gentils…. jusqu’à présent... parce que
cette façon de les mettre à l’écart systématiquement est le
meilleur moyen d’encourager les éléments les plus virulents qui
se tiennent à carreau pour l’instant.
- C'est bien vu, Patron. Une jolie forêt comme Coat Noz, c’est un
bel endroit pour des zadistes...
- Et puis, quoi de plus facile que de pousser les gens à bout afin de
provoquer troubles à l’ordre public et dégradations pour
discréditer du même coup les personnes responsables qui essaient de
se faire entendre par les voies légales.
- Patron, vous pensez vraiment que c’est ce qu’ils cherchent,
« là-haut » ?
- Qui sait, Harry ? Qui sait ? En attendant vous avez vu, je
suppose, que Douar Didoull organise une RANDO
MANIF l'après-midi du samedi 4 juillet à 14h entre
Belle-Isle-en-Terre et Gurunhuel qui se terminera à 18h par un
slogan humain vu du ciel sur le stade de cette
dernière localité. Vous y serez ?
- Bien sûr... pour l'enquête, Patron !
samedi 27 juin 2015
dimanche 31 mai 2015
LE HERISSON ET L'ACTUALITE : Conseil municipal du 26 mai 2015 : La révolte des mous du genou
Qui
est pour ? Qui est contre ? Qui est mou du genou ?
C’est
ainsi que madame le maire de Callac devrait désormais interroger son
conseil municipal à chaque délibération, puisque c'est par cette
élégante expression qu'elle avait qualifié, au cours du conseil
municipal du 18 mai 2015, l'abstention de la minorité concernant le
vote sur le projet de la Verte Vallée .
Ces
propos, quelque peu déplacés dans la bouche d'une première
magistrate, ont pourtant été soigneusement rapportés dans le
procès-verbal de séance. Madame le maire les a assumés et a balayé
royalement l’observation faite par un élu de la minorité qui lui
rappelait que l’abstention est une expression démocratique prévue
par la loi et qu' elle semblait avoir oublié que sa propre équipe
l’avait largement utilisée pendant le mandat précédent, entre
autres à l’occasion du budget 2009, du soutien à l’ONF, à la
Poste, etc.
Rien
n'y a fait : madame le maire ne supporte pas l'abstention………..des
autres ! Un peu plus tard, elle reprendra d’ailleurs « vertement »
ses deux colistiers qui lui feront l’affront de s’abstenir à
l’occasion de la délibération sur l’extension du périmètre
NATURA 2000 et qui rejoindront ainsi la caste des
« mous du genou ».
Denis
Lagrue a ensuite souhaité revenir sur la sanction décrétée à
l'encontre d'un agent de la cantine scolaire dans le cadre de sa
formation BAFA demandée par la commune. Il a rappelé que le dernier
stage a été annulé à cause d’une insuffisance de
participants et non par l'agent lui-même pour convenance personnelle
comme le prétendent aujourd'hui le maire et la DGS. Pourtant,
c’est en alléguant cette raison que madame le maire a décidé, a
posteriori, de ne plus prendre en charge financièrement la dernière
partie du stage.
Car,
crime de lèse-majesté, l’agent n’aurait, paraît-il, pas
prévenu la DGS ! Malheur à elle … et cela malgré toute la bonne
volonté déployée pour effectuer ce stage souhaité par la
municipalité et aux aléas duquel elle a su s'adapter avec le
constant souci de ne pas perturber le planning mis en place par la
DGS.
Malgré
les observations faites par Denis Lagrue lors du conseil du 18 mai,
madame le maire n’a pas rencontré l’agent pour entendre sa
version des faits, et surtout a interrompu tout débat sur le sujet
lors de ce conseil du 26 mai. Une fois de plus téléguidée tel un
drone survolant l’infinité des champs réglementaires, elle
clamait cette surprenante injonction :
«
Police du maire ! Le débat est clos ! »
Sans
autre forme de procès, elle a alors insinué que la sanction était
de toute façon parfaitement justifiée par d’autres fautes encore
plus graves qu’elle ne pourrait exposer qu’en privé ! Circulez,
y'a rien à voir ! Renseignements pris, il y a bien un autre
différend avec ce même agent, qui n’a aucun rapport avec la
formation BAFA, et qui porte sur une demande de règlement d’heures
supplémentaires.
Demande
légitime puisque l’agent réalise, depuis la rentrée de
septembre, pour effectuer la totalité des tâches demandées environ
3 heures supplémentaires non payées. ( Pour ceux que ça intéresse,
Le Hérisson Callacois évoque à la fin ce cet article le détail de
cette affaire très symptomatique de la façon de procéder de la
nouvelle équipe. )
Plus
que jamais, madame le maire semble s'auto-enivrer de son nouveau
statut de guide suprême et s'est même permis de lancer un regard
noir (pas pour « de rire », un vrai ! ) à Carole Le Jeune,
l'ancien maire, car cette dernière avait eu l’insolence de
recevoir un message sur son Smartphone ...Crime de lèse-majesté...
Par
la suite, monopolisant encore et toujours la parole, elle n'a pas
manqué d' étaler sa science de vétérinaire-naturaliste pour
présenter le projet d’extension du périmètre NATURA 2000,
anesthésiant ainsi son auditoire qui est resté sans voix après son
exposé. Un élu lui a demandé de préciser quand même l’essentiel
pour les propriétaires concernés, c’est-à-dire les restrictions
réglementaires pour certains travaux sur leur terrain tels que
boisement primaire, drainage, arasement de talus de plus de 25 m…
Madame
le maire semblait être un peu tendue et vouloir conjurer, par ses
envolées pédagogiques, la fronde d’une poignée d’agriculteurs
opposés au projet d’extension et qui ont déjà réussi à faire
basculer le conseil de Saint- Nicodème dans le camp du refus.
Inquiétude
non fondée puisque la délibération devait être adoptée par 17
voix pour et donc, 2 « mous du genou » parmi ses colistiers.
Probablement
rassurée par ce vote favorable, madame la maire s'est alors aperçue
qu'elle avait oublié de désigner un ou une secrétaire de séance...
Une
autre délibération portait sur le fonds de concours distribué aux
communes par la communauté de communes. De 150 000 € la première
année, puis 100 000 € par an, il était proposé de réduire cette
année la somme à 75 000 € afin de compenser les difficultés de
trésorerie actuelles de la communauté de communes.
La
minorité a rappelé qu’elle a toujours considéré que cet argent
issu de la taxe professionnelle générée par les champs éoliens du
canton, aurait dû être réservé à des projets d’intérêt
communautaire et non pas ventilé entre les communes pour des travaux
de voirie. Si l’ancienne majorité avait été mieux suivie, la
communauté de communes ne connaîtrait pas les difficultés
financières qu’elle connaît aujourd'hui.
Le
lendemain, à l’occasion de la Journée Nationale de la Résistance
du 27 mai, les belles paroles de madame le maire de Callac, louant le
rôle important et les sacrifices des FTP pendant les combats de la
libération ainsi que les nombreuses avancées sociales dues au
travail du Conseil National de la Résistance avaient un côté
surréaliste.
Comme
on aimerait que ces louanges se traduisent au moins par un
comportement digne, responsable et honorable vis à vis du personnel
communal.
pause-limace
Et
maintenant, pour les courageux, voici le détail de l’affaire qui
oppose madame le maire et l’agent de la cantine scolaire.
-
A la demande de la municipalité, l’agent avait accepté de passer
le BAFA afin de pouvoir intervenir dans la mise en place des TAP à
la rentrée prochaine et avait, par ses propres moyens, trouvé
une formation assurée par la « Ligue de l'enseignement »,
organisme basé à Lorient. Elle avait présenté cette formation à
la commune en octobre dernier.
-
Le 15 décembre le conseil municipal avait voté à l'unanimité la
prise en charge intégrale à hauteur de 1000 € de l'ensemble de la
formation prévue en pension complète du fait de l'éloignement. Il
était bien clair entre les 2 parties que sans cette prise en charge,
l'agent ne pourrait faire face à cette formation BAFA demandée par
la mairie.
-
L’agent a donc suivi un premier stage pendant la première semaine
de la Toussaint afin d’être disponible pour exercer ses missions
communales pendant la deuxième semaine comme prévu au planning par
la DGS (Directrice Générale des Services)
-
Suite à la première partie de la formation, elle a effectué un
stage pratique au sein de l’ALSH de Callac pendant la première
semaine des vacances de février afin d’être disponible pour la
commune pendant la deuxième semaine comme prévu au planning par la
DGS.
-
Le troisième et dernier stage devait se dérouler à Lorient avec le
même organisme et toujours en pension complète. Ce stage a été
annulé à cause d’une insuffisance de participants et non par
l'agent lui-même pour convenance personnelle comme le prétendent
aujourd'hui le maire et la DGS. Pourtant, c’est en alléguant cette
raison que madame le maire a décidé, a posteriori, de ne plus
prendre en charge financièrement la dernière partie du stage.
L’organisme
a bien proposé à l’agent un stage à Rennes aux mêmes
dates sur un autre thème mais en demi-pension. L’agent n’a pas
donné suite car il n'était pas envisageable pour elle de prendre en
charge le surcoût de l’hébergement et du déplacement .
-
Dans la logique de la démarche initiale, elle a cherché un autre
stage avec un autre organisme aux mêmes dates, toujours dans
le but d’être disponible pour la commune pendant la deuxième
semaine des vacances de Pâques, comme prévu au planning par la DGS.
-
A Saint-Brieuc, l’organisme « Famille Rurale » proposait un
stage avec comme thème les TAP ( on ne pouvait trouver
meilleur sujet). C'est en demi-pension que l’agent a dû suivre ce
stage tout à fait adapté pour ses futures missions. Elle est
rentrée tous les soirs chez elle supportant ainsi les frais de
déplacement (120kmx5x0.30 = 180 €). En outre, ce choix permettait
à la commune de réaliser une économie d’environ 150 €, le
stage étant moins cher que celui de Lorient ou de Rennes.
Madame
le maire n’a pas rencontré l’agent pour entendre sa version des
faits et puisque l'argument du changement de dates pour convenance
personnelle ne semblait plus exploitable a ensuite insinué que la
sanction était de toute façon parfaitement justifiée par d’autres
fautes encore plus graves qu’elle ne pourrait exposer qu’en privé
!
Voilà
de quoi il s'agit : l’agent réalise pour effectuer la totalité
des tâches demandées, depuis la rentrée de septembre, environ 3
heures supplémentaires non payées.
Elle
a eu l’impudence de réclamer le paiement de ces heures
supplémentaires et cela seulement depuis le mois de janvier. A cette
date, pour faire face à des remplacements, son contrat annuel de 9h
par semaine est passé, en heures « normales », à 40 h sur 4 jours
en semaine 1 et 47h 30 en semaine 2 ( + 7h30 pour le mercredi ). (
Vous avez dit 35h ?).
Comment
a-t-elle pu oser ! Il est donc bien clair maintenant que tous les
motifs seront bons pour faire porter la faute à cette employée
intègre et dévouée plutôt que de perdre la face. Ces drôles de
dames ont l'amour-propre bien chatouilleux et n'hésitent pas à
entacher la réputation des plus vulnérables. C'est tellement facile
de changer de motif à chaque fois et de se cacher derrière le
rempart de la confidentialité en clamant
«
Police du maire ! »
Où
est passée la candidate qui promettait la transparence et la
disparition des pratiques quasi-staliniennes de ses prédécesseurs ?
lundi 25 mai 2015
Le petit doigt sur la couture du pantalon et Le Hérisson.
Mais
quel est ce soudain feu intérieur qui semble habiter désormais nos
nouveaux élus ? Quel mystérieux gourou, quelle mystérieuse
prêtresse, leur a fait découvrir les enchantements du Sacro-Saint
Règlement ? Jusqu’à présent
on pensait que la droite était plus attirée par la dérégulation
libérale. On avait plutôt l’habitude de l’entendre combattre la
lourdeur administrative et l’enchevêtrement tatillon des normes
européennes qui empêchent le paysan de cultiver, le chef
d’entreprise d’investir et le particulier de pisser dans son
jardin.
C’est
pourtant sous le signe du Règlement
que s’est déroulé ce conseil municipal du 18 mai 2015 :
-
la mise en conformité du barrage de la Verte Vallée se poursuivra
avec le remplacement de la vanne de fond qui est bloquée depuis une
bonne vingtaine d’années. Ces travaux s’ajoutent aux travaux
effectués en 2014 sur la vanne latérale. L'urgence n'était donc
pas évidente mais c'est le Règlement
!
-
dans une partie de l'ancien collège destinée à devenir un bâtiment
multifonctions accueillant, entre autres, des associations comme, par
exemple, l'école de musique sera installé un ascenseur avant même
qu'y soit réalisé l'aménagement des diverses salles, aménagement
qui ne pourra être effectué que dans … un certain temps, compte
tenu des capacités budgétaires de la commune. Sur ce point, la
minorité s’est donc abstenue jugeant qu’il aurait été
préférable de réaliser en priorité l’ascenseur au premier étage
de la salle des fêtes, équipement qui aurait eu le mérite d’être
utile dès sa réalisation, et elle a souligné de nouveau qu'il
aurait été plus logique de concevoir les travaux du futur bâtiment
multifonctions dans leur globalité. Mais là encore on s'en tiendra
sans discuter au RRèglement !
-
a été évoquée l’indemnité représentative de logement due aux
« instituteurs » pour 2014 depuis que nos professeurs d’école
(oui, maintenant on ne dit plus instituteurs) n’occupent plus les
logements de fonction comme « dans le temps ». En réalité, l’Etat
verse une somme supérieure à cette indemnité communale au travers
de la DSI ( Dotation Spéciale Instituteur) ce qui fait que la
commune ne débourse pas un euro. Mais on vote quand même, c’est
le RRRèglement !
-
c’est aussi en vertu du Sacro-Saint
Règlement qu’un agent
de la commune supportera une partie des frais de sa formation « BAFA
» qui doit lui permettre d’intervenir dans l’organisation des
TAP ( vous vous rappelez les TAP que madame le maire avait promis de
refuser…). Pourtant le conseil municipal du 15 décembre 2014 avait
voté à l’unanimité la prise en charge de l’ensemble de cette
formation pour un montant de 1000 €. Motif aujourd'hui du refus :
l’agent aurait changé les dates du stage à sa convenance sans en
informer la hiérarchie ! En réalité, la formation initiale ayant
été annulée, l’agent a été dirigé vers un autre organisme
afin que son BAFA soit validé en temps et heure pour être
opérationnel à la rentrée prochaine. Mais la nouvelle majorité n'
est plus à une contre-vérité près ! Enfin, la démarche n’étant
pas tout à fait réglementaire, l’agent, seul, en supportera les
conséquences ! C’est le RRRRèglement
!
Je
vous épargne le tarif de la TLPE (Taxe Locale sur la Publicité
Extérieure), les contrats d’entretien des appareils de chauffage
au fuel et au gaz, l’ajustement du passif du budget communal de
32.63 € : le conseil municipal, lui, y a eu droit dans le détail :
c’est le RRRRRèglement !
On
s’attendait à une nouvelle joute oratoire sur l’ajustement des
honoraires de l’architecte concernant le nouveau-ancien projet
d’aménagement du site de la Verte Vallée (tiens ! On ne dit
plus, foirail ? Pourtant ça apportait de la nouveauté par rapport
au projet initial ! )
Sur
ce point aussi, la minorité s’est abstenue, suite logique de sa
précédente abstention sur la partie investissement du Budget
communal 2015. Elle a rappelé qu' elle s’abstiendrait sur toutes
les délibérations qui se rapporteront à ce projet. Madame le
maire, qui a déjà oublié sa campagne de dénigrement dudit projet,
a ironisé sur cette abstention et en a fait repréciser les raisons,
ce qui ne l'empêchera pas, se régalant d'avance, de demander lors
des prochaines délibérations : « Qui est contre ?, qui est pour ?,
qui s’abstient? ». Mais voyons, c’est juste à cause du
RRRRRRèglement !
A
noter que l’enveloppe initiale de 450 000 E TTC votée à
l’unanimité par l'ancien conseil municipal est passée à environ
600 000 € TTC... pour l’instant !
Une
bonne nouvelle côté voirie. Compte tenu de l’effondrement du prix
de l’enrobé, le programme complet sera réalisé, tranche ferme et
tranche conditionnelle. Les habitants du Peulven et de Kerlias vont
pouvoir fêter ça à la Fête des voisins.
Cet
effondrement des prix est en partie dû à la baisse du pétrole et
donc du liant utilisé pour la fabrication de l’enrobé mais il
s’explique surtout par la concurrence suicidaire que se livrent les
entreprises de voirie. Il s’agit d’emporter à tout prix le
marché en priant le dieu « Finance » pour que les fonds de
pensions ne leur tombent pas sur la tête. Mais comme disait Hubert
en tombant d’un immeuble de 50 étages dans le film de Mathieu
Kassovitz, La Haine, « jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout
va bien… jusqu’ici tout va bien… »
Quelques
décisions sociales se sont glissées à travers les mailles de
toutes ces considérations budgétaires : le renouvellement de
l’adhésion au fonds de solidarité pour le logement; on a entendu
madame le maire parler à ce sujet de « retour sur investissement »
moins bon que l’année précédente ( c-à-d une baisse de l'écart
entre ce que donne la commune et ce que reverse le fonds de
solidarité sur Callac ). Ou Madame le maire a un sens de l'humour
très noir ou elle est vraiment prête à se réjouir de grapiller
quelques euros sur le dos de gens qui ne peuvent plus se loger ou
payer l’eau et l’électricité. Comme on aimerait au Hérisson
que ce retour sur investissement soit le plus mauvais possible à
Callac !
La
subvention pour les sinistrés du Népal s’est répartie, après un
petit débat, entre le Secours Populaire et les pompiers des Côtes
d’Armor. Madame le maire aime bien le Secours Populaire... Dans la
foulée, il a été répété qu'il n'y aurait plus aucune dérogation
accordée aux associations concernant les dates limites de demandes
de subventions. Le RRRRRRRèglement
c'est le RRRRRRRèglement !
Denis
Lagrue n’a pas pu s’empêcher de demander des nouvelles des boues
qui sont entreposées en bordure du plan d’eau depuis 8 mois et qui
commencent à se végétaliser annonçant les prémices du futur
aménagement paysager. Jean Paul Le Louët, à l’origine de cette
hasardeuse opération, a trouvé la situation « drôle » et promis
de donner les éléments d’information à la prochaine commission.
L’agriculteur bio qui devait réceptionner ces boues en l’absence
d’analyses, n’aurait peut-être pas trouvé ça aussi « drôle
». Et puis on n'a pas manqué de souligner que la faute en'était à
la préfecture puisque c'est elle qui avait demandé que ces boues
soient dirigées vers un centre de traitement : la municipalité
n'était donc pas responsable du retard ! ( Tiens,tiens ... le
RRRRRRRRèglement ne serait-il
une bonne chose, Monsieur le premier adjoint, que lorsqu'il vous
arrange ?)
Mais
ce qui est vraiment amusant, c’est que l’ordre du jour du
prochain conseil municipal porte notamment sur l’extension du
périmètre NATURA 2000. De quoi donner des boutons à pas mal
d’agriculteurs ou de riverains, plutôt de droite, peu convaincus
de l’intérêt des contraintes environnementales exigées par «
ces c…….. de fonctionnaires européens à Bruxelles ».
En
ce qui concerne ce dernier point, le Hérisson ne se plaindra pas de
l'application du règlement quand il ne signifie pas « petit doigt
sur la couture du pantalon » mais plutôt « petits chemins de
traverse qui sentent bon la noisette et la vie » !
D'ailleurs,
si on en juge par la vidéo ci-dessous, « le petit doigt sur la
couture du pantalon » ça en cache des choses !
dimanche 17 mai 2015
Le blues du Hérisson
C’est
toujours pareil avec les anniversaires. Le lendemain, saturé de
friandises et de bons sentiments, on éprouve une légère sensation
de lassitude, une absence d’envie, un léger spleen. C’est la
même chose avec les commémorations qui s’enchaînent les unes aux
autres. On ne sait plus trop qui on célèbre, quelles valeurs ni
quels combats. Trop de discours, trop de belles paroles, trop de «
Plus jamais ça » aussi vite oubliés que prononcés...
Pourtant
avoir un an, c’est déjà un bel exploit pour un hérisson, surtout
callacois. Subir les blessures d’amour-propre, le cynisme, le
mépris, les mensonges, les rumeurs, les regards fuyants et obliques
de certains anciens amis, les commentaires méprisants, voire
insultants ou haineux... C’est aussi périlleux que de finir aplati
par une voiture sur la route ou bien propulsé dans les oubliettes
d’un puisard, d’un caniveau, d’un bassin aux rebords lisses, ou
encore coincé dans un filet de protection, emprisonné dans une
barrière trop hermétique, étouffé dans un pot de yaourt, une
boîte de conserve, une canalisation trop étroite, à moins que ce
ne soit empoisonné par des pesticides ou de l’anti-limaces, ou
alors victime d’un maniaque du rangement qui veut « faire propre »
en évacuant mon nid de bois, de feuilles ou de gazon ou, enfin,
pourquoi pas ?, déchiqueté par un serial blaireau.
Mais
le plus terrible ennemi est le doute. A quoi sert de continuer un
combat démocratique local perdu d’avance à 4 voix contre 15 ? A
quoi sert de défendre la solidarité, la culture, l’éducation, la
protection de notre environnement, valeurs balayées par le tsunami
d'une crise économique internationale où l'on nous manipule comme
des marionnettes ? Oui, à quoi bon ?
Heureusement,
le printemps ramène avec lui son abondance de limaces, d’escargots
et de vers de terre dont je me gave à nouveau lors de mes sorties
nocturnes. Avec ces nouvelles forces, je me reprends à rêver
d’amour et de plein de petits hérissons qui pourront un jour
prendre le relais. La vie continue avec ses joies, ses bonheurs, ses
déceptions et ses drames aussi, bien sûr, mais elle continue..
Les
conseils municipaux du 18 mai et du 26 mai s’annoncent et je les
rêve déjà pleins de promesses pour notre petit territoire
callacois...
Dalc'h
da vont, paotred ha merc'hed !
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