vendredi 10 juillet 2015

LE HERISSON ET L'ACTUALITE : Le conseil municipal du 25 juin 2015 ou La comédie du pouvoir

«Je vois très bien que le talent n'a de valeur que parce que le monde est enfantin.
Si le public avait la tête assez forte, il se contenterait de la vérité.»

Ernest RENAN
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Ses cheveux  encore blonds  tirés vers l'arrière en une «cuche» désinvolte à la façon de ces artistes que la quarantaine inquiète mais qui veulent faire croire qu'elles l'assument, madame le maire promène un regard circulaire et satisfait sur la haie de bras et de doigts dressés alignés devant elle comme une lisière bordant l'un des nombreux et précieux coins à champignons dont elle a fait son domaine.
S'il n'était si tard, sa tenue pourrait d'ailleurs donner à penser qu'elle revient d'une  cueillette. Madame le maire, telle une Marie-Antoinette aux champs, aime, en effet, à cultiver un certain négligé qui contraste avec son port de tête altier et son élocution parfaite.

Les lunettes juchées sur le bout du nez, les yeux enfoncés au fond des orbites par le froncement prononcé des sourcils, madame le maire, contemplant ce spectacle tant attendu et espéré,  semble  savourer dans la plénitude cette autorité qu'elle exerce enfin sans entraves.

« Voilà, songe-t-elle sans doute, une réunion du conseil comme je les aime : semblable à une classe d'école primaire, enfin, pas comme ces classes d'aujourd'hui, avec des gamins agités, impolis, turbulents et indisciplinés et des «professeurs des écoles» en mini-jupes  tout aussi ingérables que leurs élèves, non, une classe à l'ancienne, comme à Bothoa, avec de la discipline, des leçons de morale, de la forme plutôt que du fond et surtout de l'orthographe. Peu importent les idées pourvu qu'on ait une orthographe et une syntaxe correctes. Les idées, on peut toujours en changer, mais l'orthographe doit rester immuable, une rampe à laquelle s'agripper pour ne pas être entraîné dans le flot vertigineux de la créativité ou du «n'importe quoi» de certains forums ou de certains blogs de ce suppôt de Satan  que peut devenir parfois l'internet. »

Et c'est vrai qu'aujourd'hui, question obéissance et respect des règles, madame le maire est servie. Pourtant, son plus fidèle soutien est absent : celle qui accourt à la rescousse au moindre dérangement, à la moindre perturbation, à la moindre contrariété, celle qui semble tellement précéder ses pensées qu'on peut se demander si ce n'est pas elle qui les lui insuffle .

 Malgré cette absence, madame le maire est sereine car une chose plus que toute autre la ravit : les quatre chaises vides de la minorité... les quatre trublions de la classe sont absents ! Elle va pouvoir enfin dérouler son ordre du jour en toute tranquillité : pas de remarques, pas de contradiction, pas de questions gênantes qui puissent la mettre dans l'embarras. Les quatre cancres boudent depuis qu'elle a sanctionné, paraît-il, injustement, cette petite contractuelle en CDD qui a l'impudence de défendre ses droits. «Non mais, où va-t-on si le personnel commence à nous tenir tête ?» semble-t-elle penser. Mais CHUT ! surtout pas un mot sur tout cela, jouons la  grande scène de l' indifférence. Quelques sourires dans le «public» (trois courageux et deux ou trois journalistes) montrent que personne n'est dupe, la ficelle est tellement grosse !

En attendant, c'est le premier conseil qui va se dérouler comme elle en rêve depuis les dernières élections : dans l'ordre et la discipline. Ne sont-ils pas mignons tous ces petits conseillers qui dressent leur petit index vers le plafond dans un même élan dès que madame le maire appuie sur le bouton ? Il y en a bien quelques-uns qui oublient de lever leur deuxième petit doigt quand ils ont une procuration et puis aussi il y a, pour montrer à la maîtresse qu'il maîtrise le sujet, quelques interventions intempestives du premier de la classe  très vite remis à sa place par un haussement d'épaules ou deux ou trois mots cinglants. Il faut bien apporter un peu de piment au spectacle car, quel affront si le «public»  piquait du nez en écoutant le monologue de la tête d'affiche ! Alors on sort le grand jeu !

Madame le maire paraît ressentir le vertige de cette domination enfin assouvie qui semble se répandre sur le conseil comme une lave épaisse sur les flancs d'un volcan après l'éruption si longtemps contenue et, c'est donc dans un état de béatitude extrême, qu'elle enfile les délibérations et la litanie des «15 pour, 0 contre» agrémentées de quelques perfidies à l'endroit de l'ancienne majorité car il n'y a pas de petit plaisir,  n'est-ce pas ?

Sont ainsi votés à l'unanimité («15 pour, 0 contre», vous l'aurez compris) les points suivants :
  • l'interdiction des portables et des tablettes pendant les  réunions du     conseil municipal. Le smartphone est pourtant devenu un instrument de travail indispensable pour certains : rechercher une donnée, la signification d'un sigle, consulter son planning,  ses notes.. Il est bon de préciser que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de Soissons  au dernier conseil est un SMS reçu par Carole Le Jeune et expédié par son mari hospitalisé la veille et opéré le jour-même. La lecture du message a duré quelques dizaines de secondes mais a été exploitée par madame Bouillot comme prétexte afin de justifier la suppression des portables et lui permettre de déclarer dans l’ECHO : «La dernière fois, nous avons tous été chiffonnés par l’attitude de certains qui ont passé le conseil municipal à regarder leur portable. C’est d’une impolitesse rare.». En réalité, madame le maire semble être atteinte depuis quelque temps d'une paranoïa suraiguë déclenchée par ce type d'appareils. «Sa» réunion sur le projet minier n'en est-elle pas une autre preuve ? N’a-t-elle pas exigé de tous les élus présents qu'ils éteignent leur portable et ne les a-t-elle pas menacés de procès si des enregistrements étaient effectués ? Considère-t-elle que  tous ses collègues sont tous de grossiers personnages  comme elle veut le faire croire de la minorité municipale callacoise ? La  vraie cause de la phobie  des téléphones mobiles de notre maire ne serait-elle pas … LA PEUR DE L'ENREGISTREMENT ? Mais de quoi a-t-elle peur  ou qu'a-t-elle à cacher... ?
  • le refus d'accorder la gratuité de la salle des fêtes à l'association Callac Culture pour compenser la perte de 470 € lors de l'apéro-concert du mois de mai dernier. La situation sera, paraît-il, réexaminée au moment du prochain budget : si le bilan n'est pas satisfaisant, l'association pourra demander une subvention exceptionnelle. Et, sait-on jamais, madame le maire qui a déploré le peu de fréquentation à ces apéros-concerts décidera-t-elle, peut-être, d'ici là de les honorer de sa présence... ?
  • la répartition du Fonds national de Péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) dont les orientations font suite  à la réforme sur la taxe professionnelle de  2011.  L’augmentation de 51 684 € par rapport à 2014 de ce fonds, permettra une recette supplémentaire pour Callac de 4772 € tandis que la communauté de communes percevra l’essentiel de cette augmentation soit 38 911 € en plus  ce qui permettra de rétablir une trésorerie un peu plus saine.
  • le redéploiement des subventions  accordées par le Conseil Général à la communauté de communes dans le cadre du contrat de territoire. Il était prévu une deuxième tranche d’extension du Parc d’Activités de Kerguiniou et les études du projet d’aménagement numérique en Très Haut Débit sur le canton. Cette extension (deuxième tranche) étant abandonnée en raison de l'insuffisance de remplissage de la première tranche et les études étant prises en charge dans le cadre d’un autre financement, ces subventions d'un total de 245 554 € seront redéployées entre les communes. Callac propose donc d’inscrire, dans le cadre de cette  « revoyure » ( désolé, c’est le terme technocratique !) du Contrat de Territoire, les travaux de traitement de la mérule,  diagnostiquée dans l'Eglise en 2014 (et non il ya 5 ans comme a persiflé Madame le maire).
  • la convention avec le SDIS (les pompiers) qui permettra de minorer la «contribution incendie»  de la commune en proportion des heures de mise à disposition de ses agents municipaux pompiers volontaires qui constituent, soit dit en passant, le dernier rempart à la dégradation de l’offre de soins sur notre canton.



 La  comédie, pardon, le conseil, a duré 40 minutes. La messe est dite. Le rideau est tombé. Circulez, y'a plus rien à voir.

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AVERTISSEMENT :TOUTE RESSEMBLANCE ENTRE LE HERISSON CALLACOIS ET LA MINORITE CALLACOISE N’EST PAS PUREMENT FORTUITE CAR CES DEUX VILAINS EMPÊCHEURS DE TOURNER EN ROND S’APPUIENT SUR DES PERSONNAGES EXISTANT OU AYANT EXISTE ET DES FAITS  REELS .

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mercredi 1 juillet 2015

Le mystère de la Verte Vallée : une « ankouête » de l'inspecteur Harry Sonn .


                                                 CHAPITRE III
                                                  
En ce début d'été, le vent fou de nord-est qui avait sévi pendant tout le printemps semblait avoir déposé les armes et un primesautier rayon de soleil se faufilait  entre les lamelles du store déjà baissé de l'unique fenêtre du bureau du commissaire...

- Inspecteur Harry Sonn ! Quelle divine surprise ! Mais où étiez-vous passé mon vieux ? Vous savez, on commençait à s’inquiéter ici  ! Les hypothèses allaient bon train... Vous vous rappelez notre dernière conversation concernant l'affaire des tags ? L’Ankou, l’Opus Dei, le gang des mères de famille, le déguisement de vos agents en mystérieuses nonnes. Que d'explications possibles à votre soudaine « disparition » !
- Trêve de littérature policière ...Vous voyez, je suis de retour sain et sauf et, n'ayez crainte, l’enquête  se poursuit,  Patron !
- A petite vitesse, non ? Il va peut-être falloir accélérer, mon petit Harry ! Parce que bientôt les pièces à conviction vont disparaître : le fameux projet du plan d’eau de Callac va démarrer et la mairie, après avoir caché les tags sous une couche de peinture blanche,  a commencé à vendre les tôles !
- Vous me prenez pour un bleu, ce ne sont pas les photos qui manquent, c'est pourquoi nous avons décidé de  donner le feu vert pour la dépose des tôles bien que nous n'ayons pas encore trouvé le coupable. En plus, vous savez, l’affaire du Bacardi vient seulement de se terminer et a mobilisé tous les effectifs depuis le mois de  janvier. Avouez que l'affaire était autrement plus grave !
- Oui, triste affaire mais belle réussite pour nous. Le préfet m’a félicité personnellement. Beau travail Harry !
- Le Bacardi et l'association Melrose vont  peut-être  pouvoir enfin reprendre leur activité.
- Espérons qu’ils pourront se relever de toute cette sombre affaire et de cette année blanche. Quant à vous Harry, j'insiste, il va falloir remettre illico presto votre flair légendaire au service de l'affaire des tags...
- Mon flair ? Vous ne sauriez mieux dire, Patron, nous tenons une piste sérieuse...
- Enfin  ! Autre divine surprise ! Et qui, cette fois-ci ?
- Douar Didoull !
- Qui ?
- Vous m'inquiétez,  Commissaire, c'est vous-même qui m'avez expliqué que cela signifiait en breton « Terre sans trous » et que c'était le nom du collectif de citoyens qui s’est constitué au mois de  décembre dernier pour s’opposer au projet minier sur Loc Envel.
- Ah oui !  Cette histoire d’exploration minière me revient. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi on peut être contre, ça ne peut être que bénéfique pour le coin, non ?
- Ben, justement c’est pas l’avis du collectif, et pas que du collectif d’ailleurs.
- Oh, je m'en doute, il y a toujours des « anti-tout ». On est peut-être assis sur une mine d’or mais, surtout, ne rien faire pour le savoir !
- Ce n'est peut-être pas aussi simple que ça, Patron. D’abord sur le PERM de LOC ENVEL, il ne s'agit pas d'or mais de tungstène.
- Ah tiens ! Du tungstène ? On en a tant besoin que ça ?
- Ben oui, pour les foreuses par exemple !
- Je vous reconnais bien là, Harry. C'est bien votre goût du paradoxe. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. On fore pour trouver un minerai qui permet de fabriquer des foreuses ! C’est marrant votre truc ! C'est l'art de forer en rond ! Et qu'est-ce qu’elle reproche à cette campagne de recherche minière votre « Terre sans trous » ?
- Décidément Alzheimer vous guette, Patron, nous avions déjà évoqué tout cela il y a plusieurs mois et, malheureusement, plus les informations arrivent, plus les craintes des opposants se confirment...
- Dites-moi, Harry, n'auriez-vous pas, tout enquêteur que vous êtes, choisi votre camp ?
- Le maire de Callac vient d’organiser une réunion d’information pour les élus du secteur dit de Loc Envel en présence d'un représentant de Variscan Mines, la société qui demande ce fameux permis exclusif de recherche minière, (PERM). Cette réunion m'a beaucoup donné à réfléchir...
- Vous y étiez ? A quel titre ?
- Oh ! Ça n'a pas été facile ! La réunion se déroulait à huis clos ! Que des élus concernés, pas de presse, pas de contradicteurs et, bien sûr, pas de  Douar Didoull !!!
- Eh bien, je croyais que madame Bouillot avait fait campagne pour rétablir la transparence à Callac... Mais vous, Harry, que faisiez-vous là ? Vous assuriez la sécurité ?
- Non, mais j’ai réussi à m’infiltrer dans le cadre de l’enquête sur les tags et  la piste « Douar Didoull ».
- Bien, quel espion vous faites !  Vous allez bientôt pouvoir reprendre le « Mon nom est Sonn, Harry Sonn  » à la façon de James Bond !
- L'évocation est on ne peut mieux choisie ! La réunion a été d'entrée digne de « Goldfinger » et de « Bons baisers de Russie » car Lise Bouillot a tout de suite dégainé et envoyé une  avoinée à tous les élus présents : « Interdiction d’enregistrer la réunion, menace de procès ... » J'en passe et des meilleures ! Ça commençait mal ! Heureusement qu’on a du matos discret dans la police !
- Vous voulez dire que vous avez tout enregistré ? Mais  comment ont réagi les élus à cet aimable préambule ?
- Aucune réaction ! Totalement médusés ! Comble du grotesque, certains, comme madame le maire de Bulat,  se sont retrouvés à la porte, «enfermés dehors»  car l'accorte maîtresse de cérémonie avait fermé son bunker à clef !
- Mais c’est du Poutine qu'elle nous fait là !
- Ou du Coluche, comme vous voudrez, souvenez-vous du film « Les vécés étaient fermés de l'intérieur ». Ça devient du Grand- Guignol : il paraît qu’elle vient de prendre une délibération pour interdire les portables , les tablettes numériques et les ordinateurs  pendant les réunions du conseil municipal …
- A peine croyable ! Mais ce sont pourtant des instruments de travail ! En tout cas, voilà qui va réduire les besoins en métaux rares à Callac! C’est pas bon pour la société VARISCAN MINES, ça. Alors, ça veut dire qu' elle est contre le projet ?
- Comme d’habitude avec elle, ça dépend des jours et des circonstances… mais en ce moment elle est pour.
- Et les autres élus du secteur ?
- Plutôt contre .
- Quels sont leurs arguments ?
- Oh ! en gros, l'existence de menaces  évidentes et prouvées sur l’environnement et de pollution des eaux souterraines alors qu’on leur demande  en haut lieu de développer le tourisme vert et de travailler sur la qualité des eaux bretonnes. Ils ne croient ni aux retombées  sur l’économie locale,   ni à la création  d’emplois, ni à l'apport de nouveaux revenus fiscaux locaux. Par contre, ils s'attendent à de nombreuses  nuisances : bruit, poussière,  détérioration de la voirie et des sites naturels.
- Cela me semble à moi aussi quasi inévitable.
- Il y a aussi plus inquiétant.  Le dossier est très opaque et incomplet , il y a pas mal d’impasses sur les risques en matière de pollution des eaux et de modification de l’écoulement des nappes souterraines lors des forages .
- C'est pourtant un point primordial dans ce secteur où prennent leur source d'importants cours d'eau bretons.
- C'est vraiment le dernier des soucis de VARISCAN MINES ! On a vraiment l’impression d’avoir affaire à une bande de spéculateurs qui surfent sur la bulle minière et qui voudraient bien partir en retraite après un bon coup boursier grâce à leur investisseur australien.
- Australien ? Mais je croyais que Montebourg avait lancé ce programme minier « national »  pour redonner à la France une indépendance en approvisionnement de métaux rares  pour notre industrie électronique et informatique .
- Vous avez tout compris, Patron !
- Je commence à penser comme vous qu'ils n' ont peut-être pas tout à fait  tort vos « Douar Didoull » !
- Il n’empêche que la loi est la loi et que, s’ils sont responsables des tags sur le marché aux veaux de Callac, notre devoir sera de sévir même si ce sont des « gentils »: les RG craignaient une manifestation surprise pendant la réunion à la mairie de Callac mais il n’y a rien eu ! Le collectif semble préférer la lutte  pacifique.
- Enfin gentils, gentils…. jusqu’à présent... parce que cette façon de les mettre à l’écart systématiquement est le meilleur moyen d’encourager les éléments les plus virulents qui se tiennent à carreau pour l’instant.
- C'est bien vu, Patron. Une jolie forêt comme Coat Noz, c’est un bel endroit pour des zadistes...
- Et puis, quoi de plus facile que de pousser les gens à bout afin de provoquer troubles à l’ordre public et dégradations pour discréditer du même coup les personnes responsables qui essaient de se faire entendre par les voies légales.
- Patron, vous pensez vraiment que c’est ce qu’ils cherchent, « là-haut » ?
- Qui sait, Harry ? Qui sait ? En attendant vous avez vu, je suppose, que Douar Didoull organise une RANDO MANIF l'après-midi du samedi 4 juillet à 14h  entre Belle-Isle-en-Terre et Gurunhuel qui se terminera à 18h par un slogan humain vu du ciel sur le stade  de cette dernière localité. Vous y serez ?
- Bien sûr... pour l'enquête, Patron !










dimanche 31 mai 2015

LE HERISSON ET L'ACTUALITE : Conseil municipal du 26 mai 2015 : La révolte des mous du genou

Qui est pour ? Qui est contre ? Qui est mou du genou ?

C’est ainsi que madame le maire de Callac devrait désormais interroger son conseil municipal à chaque délibération, puisque c'est par cette élégante expression qu'elle avait qualifié, au cours du conseil municipal du 18 mai 2015, l'abstention de la minorité concernant le vote sur le projet de la Verte Vallée .
Ces propos, quelque peu déplacés dans la bouche d'une première magistrate, ont pourtant été soigneusement rapportés dans le procès-verbal de séance. Madame le maire les a assumés et a balayé royalement l’observation faite par un élu de la minorité qui lui rappelait que l’abstention est une expression démocratique prévue par la loi et qu' elle semblait avoir oublié que sa propre équipe l’avait largement utilisée pendant le mandat précédent, entre autres à l’occasion du budget 2009, du soutien à l’ONF, à la Poste, etc.


Rien n'y a fait : madame le maire ne supporte pas l'abstention………..des autres ! Un peu plus tard, elle reprendra d’ailleurs « vertement » ses deux colistiers qui lui feront l’affront de s’abstenir à l’occasion de la délibération sur l’extension du périmètre NATURA 2000 et qui rejoindront ainsi la caste des 
« mous du genou ».


Denis Lagrue a ensuite souhaité revenir sur la sanction décrétée à l'encontre d'un agent de la cantine scolaire dans le cadre de sa formation BAFA demandée par la commune. Il a rappelé que le dernier stage a été annulé à cause d’une insuffisance de participants et non par l'agent lui-même pour convenance personnelle comme le prétendent aujourd'hui le maire et la DGS. Pourtant, c’est en alléguant cette raison que madame le maire a décidé, a posteriori, de ne plus prendre en charge financièrement la dernière partie du stage.


Car, crime de lèse-majesté, l’agent n’aurait, paraît-il, pas prévenu la DGS ! Malheur à elle … et cela malgré toute la bonne volonté déployée pour effectuer ce stage souhaité par la municipalité et aux aléas duquel elle a su s'adapter avec le constant souci de ne pas perturber le planning mis en place par la DGS.


Malgré les observations faites par Denis Lagrue lors du conseil du 18 mai, madame le maire n’a pas rencontré l’agent pour entendre sa version des faits, et surtout a interrompu tout débat sur le sujet lors de ce conseil du 26 mai. Une fois de plus téléguidée tel un drone survolant l’infinité des champs réglementaires, elle clamait cette surprenante injonction :

« Police du maire ! Le débat est clos ! »


Sans autre forme de procès, elle a alors insinué que la sanction était de toute façon parfaitement justifiée par d’autres fautes encore plus graves qu’elle ne pourrait exposer qu’en privé ! Circulez, y'a rien à voir ! Renseignements pris, il y a bien un autre différend avec ce même agent, qui n’a aucun rapport avec la formation BAFA, et qui porte sur une demande de règlement d’heures supplémentaires.


Demande légitime puisque l’agent réalise, depuis la rentrée de septembre, pour effectuer la totalité des tâches demandées environ 3 heures supplémentaires non payées. ( Pour ceux que ça intéresse, Le Hérisson Callacois évoque à la fin ce cet article le détail de cette affaire très symptomatique de la façon de procéder de la nouvelle équipe. )


Plus que jamais, madame le maire semble s'auto-enivrer de son nouveau statut de guide suprême et s'est même permis de lancer un regard noir (pas pour « de rire », un vrai ! ) à Carole Le Jeune, l'ancien maire, car cette dernière avait eu l’insolence de recevoir un message sur son Smartphone ...Crime de lèse-majesté...


Par la suite, monopolisant encore et toujours la parole, elle n'a pas manqué d' étaler sa science de vétérinaire-naturaliste pour présenter le projet d’extension du périmètre NATURA 2000, anesthésiant ainsi son auditoire qui est resté sans voix après son exposé. Un élu lui a demandé de préciser quand même l’essentiel pour les propriétaires concernés, c’est-à-dire les restrictions réglementaires pour certains travaux sur leur terrain tels que boisement primaire, drainage, arasement de talus de plus de 25 m…


Madame le maire semblait être un peu tendue et vouloir conjurer, par ses envolées pédagogiques, la fronde d’une poignée d’agriculteurs opposés au projet d’extension et qui ont déjà réussi à faire basculer le conseil de Saint- Nicodème dans le camp du refus.
Inquiétude non fondée puisque la délibération devait être adoptée par 17 voix pour et donc, 2 « mous du genou » parmi ses colistiers.


Probablement rassurée par ce vote favorable, madame la maire s'est alors aperçue qu'elle avait oublié de désigner un ou une secrétaire de séance...


Une autre délibération portait sur le fonds de concours distribué aux communes par la communauté de communes. De 150 000 € la première année, puis 100 000 € par an, il était proposé de réduire cette année la somme à 75 000 € afin de compenser les difficultés de trésorerie actuelles de la communauté de communes.
La minorité a rappelé qu’elle a toujours considéré que cet argent issu de la taxe professionnelle générée par les champs éoliens du canton, aurait dû être réservé à des projets d’intérêt communautaire et non pas ventilé entre les communes pour des travaux de voirie. Si l’ancienne majorité avait été mieux suivie, la communauté de communes ne connaîtrait pas les difficultés financières qu’elle connaît aujourd'hui.


Le lendemain, à l’occasion de la Journée Nationale de la Résistance du 27 mai, les belles paroles de madame le maire de Callac, louant le rôle important et les sacrifices des FTP pendant les combats de la libération ainsi que les nombreuses avancées sociales dues au travail du Conseil National de la Résistance avaient un côté surréaliste.
Comme on aimerait que ces louanges se traduisent au moins par un comportement digne, responsable et honorable vis à vis du personnel communal.


pause-limace


Et maintenant, pour les courageux, voici le détail de l’affaire qui oppose madame le maire et l’agent de la cantine scolaire.


- A la demande de la municipalité, l’agent avait accepté de passer le BAFA afin de pouvoir intervenir dans la mise en place des TAP à la rentrée prochaine et avait, par ses propres moyens, trouvé une formation assurée par la « Ligue de l'enseignement », organisme basé à Lorient. Elle avait présenté cette formation à la commune en octobre dernier.
 
- Le 15 décembre le conseil municipal avait voté à l'unanimité la prise en charge intégrale à hauteur de 1000 € de l'ensemble de la formation prévue en pension complète du fait de l'éloignement. Il était bien clair entre les 2 parties que sans cette prise en charge, l'agent ne pourrait faire face à cette formation BAFA demandée par la mairie.
 
- L’agent a donc suivi un premier stage pendant la première semaine de la Toussaint afin d’être disponible pour exercer ses missions communales pendant la deuxième semaine comme prévu au planning par la DGS (Directrice Générale des Services)
 
- Suite à la première partie de la formation, elle a effectué un stage pratique au sein de l’ALSH de Callac pendant la première semaine des vacances de février afin d’être disponible pour la commune pendant la deuxième semaine comme prévu au planning par la DGS.
 
- Le troisième et dernier stage devait se dérouler à Lorient avec le même organisme et toujours en pension complète. Ce stage a été annulé à cause d’une insuffisance de participants et non par l'agent lui-même pour convenance personnelle comme le prétendent aujourd'hui le maire et la DGS. Pourtant, c’est en alléguant cette raison que madame le maire a décidé, a posteriori, de ne plus prendre en charge financièrement la dernière partie du stage.


L’organisme a bien proposé à l’agent un stage à Rennes aux mêmes dates sur un autre thème mais en demi-pension. L’agent n’a pas donné suite car il n'était pas envisageable pour elle de prendre en charge le surcoût de l’hébergement et du déplacement .
 
- Dans la logique de la démarche initiale, elle a cherché un autre stage avec un autre organisme aux mêmes dates, toujours dans le but d’être disponible pour la commune pendant la deuxième semaine des vacances de Pâques, comme prévu au planning par la DGS.
 
- A Saint-Brieuc, l’organisme « Famille Rurale » proposait un stage avec comme thème les TAP ( on ne pouvait trouver meilleur sujet). C'est en demi-pension que l’agent a dû suivre ce stage tout à fait adapté pour ses futures missions. Elle est rentrée tous les soirs chez elle supportant ainsi les frais de déplacement (120kmx5x0.30 = 180 €). En outre, ce choix permettait à la commune de réaliser une économie d’environ 150 €, le stage étant moins cher que celui de Lorient ou de Rennes.


Madame le maire n’a pas rencontré l’agent pour entendre sa version des faits et puisque l'argument du changement de dates pour convenance personnelle ne semblait plus exploitable a ensuite insinué que la sanction était de toute façon parfaitement justifiée par d’autres fautes encore plus graves qu’elle ne pourrait exposer qu’en privé !


Voilà de quoi il s'agit : l’agent réalise pour effectuer la totalité des tâches demandées, depuis la rentrée de septembre, environ 3 heures supplémentaires non payées.
Elle a eu l’impudence de réclamer le paiement de ces heures supplémentaires et cela seulement depuis le mois de janvier. A cette date, pour faire face à des remplacements, son contrat annuel de 9h par semaine est passé, en heures « normales », à 40 h sur 4 jours en semaine 1 et 47h 30 en semaine 2 ( + 7h30 pour le mercredi ). ( Vous avez dit 35h ?).
Comment a-t-elle pu oser ! Il est donc bien clair maintenant que tous les motifs seront bons pour faire porter la faute à cette employée intègre et dévouée plutôt que de perdre la face. Ces drôles de dames ont l'amour-propre bien chatouilleux et n'hésitent pas à entacher la réputation des plus vulnérables. C'est tellement facile de changer de motif à chaque fois et de se cacher derrière le rempart de la confidentialité en clamant

« Police du maire ! »

Où est passée la candidate qui promettait la transparence et la disparition des pratiques quasi-staliniennes de ses prédécesseurs ? 

 


























lundi 25 mai 2015

Le petit doigt sur la couture du pantalon et Le Hérisson.

Mais quel est ce soudain feu intérieur qui semble habiter désormais nos nouveaux élus ? Quel mystérieux gourou, quelle mystérieuse prêtresse, leur a fait découvrir les enchantements du Sacro-Saint Règlement ? Jusqu’à présent on pensait que la droite était plus attirée par la dérégulation libérale. On avait plutôt l’habitude de l’entendre combattre la lourdeur administrative et l’enchevêtrement tatillon des normes européennes qui empêchent le paysan de cultiver, le chef d’entreprise d’investir et le particulier de pisser dans son jardin.
C’est pourtant sous le signe du Règlement que s’est déroulé ce conseil municipal du 18 mai 2015 :

- la mise en conformité du barrage de la Verte Vallée se poursuivra avec le remplacement de la vanne de fond qui est bloquée depuis une bonne vingtaine d’années. Ces travaux s’ajoutent aux travaux effectués en 2014 sur la vanne latérale. L'urgence n'était donc pas évidente mais c'est le Règlement !

- dans une partie de l'ancien collège destinée à devenir un bâtiment multifonctions accueillant, entre autres, des associations comme, par exemple, l'école de musique sera installé un ascenseur avant même qu'y soit réalisé l'aménagement des diverses salles, aménagement qui ne pourra être effectué que dans … un certain temps, compte tenu des capacités budgétaires de la commune. Sur ce point, la minorité s’est donc abstenue jugeant qu’il aurait été préférable de réaliser en priorité l’ascenseur au premier étage de la salle des fêtes, équipement qui aurait eu le mérite d’être utile dès sa réalisation, et elle a souligné de nouveau qu'il aurait été plus logique de concevoir les travaux du futur bâtiment multifonctions dans leur globalité. Mais là encore on s'en tiendra sans discuter au RRèglement !

- a été évoquée l’indemnité représentative de logement due aux « instituteurs » pour 2014 depuis que nos professeurs d’école (oui, maintenant on ne dit plus instituteurs) n’occupent plus les logements de fonction comme « dans le temps ». En réalité, l’Etat verse une somme supérieure à cette indemnité communale au travers de la DSI ( Dotation Spéciale Instituteur) ce qui fait que la commune ne débourse pas un euro. Mais on vote quand même, c’est le RRRèglement !

- c’est aussi en vertu du Sacro-Saint Règlement qu’un agent de la commune supportera une partie des frais de sa formation « BAFA » qui doit lui permettre d’intervenir dans l’organisation des TAP ( vous vous rappelez les TAP que madame le maire avait promis de refuser…). Pourtant le conseil municipal du 15 décembre 2014 avait voté à l’unanimité la prise en charge de l’ensemble de cette formation pour un montant de 1000 €. Motif aujourd'hui du refus : l’agent aurait changé les dates du stage à sa convenance sans en informer la hiérarchie ! En réalité, la formation initiale ayant été annulée, l’agent a été dirigé vers un autre organisme afin que son BAFA soit validé en temps et heure pour être opérationnel à la rentrée prochaine. Mais la nouvelle majorité n' est plus à une contre-vérité près ! Enfin, la démarche n’étant pas tout à fait réglementaire, l’agent, seul, en supportera les conséquences ! C’est le RRRRèglement !


Je vous épargne le tarif de la TLPE (Taxe Locale sur la Publicité Extérieure), les contrats d’entretien des appareils de chauffage au fuel et au gaz, l’ajustement du passif du budget communal de 32.63 € : le conseil municipal, lui, y a eu droit dans le détail : c’est le RRRRRèglement !


On s’attendait à une nouvelle joute oratoire sur l’ajustement des honoraires de l’architecte concernant le nouveau-ancien projet d’aménagement du site de la Verte Vallée (tiens ! On ne dit plus, foirail ? Pourtant ça apportait de la nouveauté par rapport au projet initial ! )
Sur ce point aussi, la minorité s’est abstenue, suite logique de sa précédente abstention sur la partie investissement du Budget communal 2015. Elle a rappelé qu' elle s’abstiendrait sur toutes les délibérations qui se rapporteront à ce projet. Madame le maire, qui a déjà oublié sa campagne de dénigrement dudit projet, a ironisé sur cette abstention et en a fait repréciser les raisons, ce qui ne l'empêchera pas, se régalant d'avance, de demander lors des prochaines délibérations : « Qui est contre ?, qui est pour ?, qui s’abstient? ». Mais voyons, c’est juste à cause du RRRRRRèglement !
A noter que l’enveloppe initiale de 450 000 E TTC votée à l’unanimité par l'ancien conseil municipal est passée à environ 600 000 € TTC... pour l’instant !


Une bonne nouvelle côté voirie. Compte tenu de l’effondrement du prix de l’enrobé, le programme complet sera réalisé, tranche ferme et tranche conditionnelle. Les habitants du Peulven et de Kerlias vont pouvoir fêter ça à la Fête des voisins.
Cet effondrement des prix est en partie dû à la baisse du pétrole et donc du liant utilisé pour la fabrication de l’enrobé mais il s’explique surtout par la concurrence suicidaire que se livrent les entreprises de voirie. Il s’agit d’emporter à tout prix le marché en priant le dieu « Finance » pour que les fonds de pensions ne leur tombent pas sur la tête. Mais comme disait Hubert en tombant d’un immeuble de 50 étages dans le film de Mathieu Kassovitz, La Haine, « jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien… jusqu’ici tout va bien… »


Quelques décisions sociales se sont glissées à travers les mailles de toutes ces considérations budgétaires : le renouvellement de l’adhésion au fonds de solidarité pour le logement; on a entendu madame le maire parler à ce sujet de « retour sur investissement » moins bon que l’année précédente ( c-à-d une baisse de l'écart entre ce que donne la commune et ce que reverse le fonds de solidarité sur Callac ). Ou Madame le maire a un sens de l'humour très noir ou elle est vraiment prête à se réjouir de grapiller quelques euros sur le dos de gens qui ne peuvent plus se loger ou payer l’eau et l’électricité. Comme on aimerait au Hérisson que ce retour sur investissement soit le plus mauvais possible à Callac !
La subvention pour les sinistrés du Népal s’est répartie, après un petit débat, entre le Secours Populaire et les pompiers des Côtes d’Armor. Madame le maire aime bien le Secours Populaire... Dans la foulée, il a été répété qu'il n'y aurait plus aucune dérogation accordée aux associations concernant les dates limites de demandes de subventions. Le RRRRRRRèglement c'est le RRRRRRRèglement !

Denis Lagrue n’a pas pu s’empêcher de demander des nouvelles des boues qui sont entreposées en bordure du plan d’eau depuis 8 mois et qui commencent à se végétaliser annonçant les prémices du futur aménagement paysager. Jean Paul Le Louët, à l’origine de cette hasardeuse opération, a trouvé la situation « drôle » et promis de donner les éléments d’information à la prochaine commission. L’agriculteur bio qui devait réceptionner ces boues en l’absence d’analyses, n’aurait peut-être pas trouvé ça aussi « drôle ». Et puis on n'a pas manqué de souligner que la faute en'était à la préfecture puisque c'est elle qui avait demandé que ces boues soient dirigées vers un centre de traitement : la municipalité n'était donc pas responsable du retard ! ( Tiens,tiens ... le RRRRRRRRèglement ne serait-il une bonne chose, Monsieur le premier adjoint, que lorsqu'il vous arrange ?)


Mais ce qui est vraiment amusant, c’est que l’ordre du jour du prochain conseil municipal porte notamment sur l’extension du périmètre NATURA 2000. De quoi donner des boutons à pas mal d’agriculteurs ou de riverains, plutôt de droite, peu convaincus de l’intérêt des contraintes environnementales exigées par « ces c…….. de fonctionnaires européens à Bruxelles ».


En ce qui concerne ce dernier point, le Hérisson ne se plaindra pas de l'application du règlement quand il ne signifie pas « petit doigt sur la couture du pantalon » mais plutôt « petits chemins de traverse qui sentent bon la noisette et la vie » !


D'ailleurs, si on en juge par la vidéo ci-dessous, « le petit doigt sur la couture du pantalon » ça en cache des choses ! 

 

dimanche 17 mai 2015

Le blues du Hérisson

C’est toujours pareil avec les anniversaires. Le lendemain, saturé de friandises et de bons sentiments, on éprouve une légère sensation de lassitude, une absence d’envie, un léger spleen. C’est la même chose avec les commémorations qui s’enchaînent les unes aux autres. On ne sait plus trop qui on célèbre, quelles valeurs ni quels combats. Trop de discours, trop de belles paroles, trop de « Plus jamais ça » aussi vite oubliés que prononcés...

Pourtant avoir un an, c’est déjà un bel exploit pour un hérisson, surtout callacois. Subir les blessures d’amour-propre, le cynisme, le mépris, les mensonges, les rumeurs, les regards fuyants et obliques de certains anciens amis, les commentaires méprisants, voire insultants ou haineux... C’est aussi périlleux que de finir aplati par une voiture sur la route ou bien propulsé dans les oubliettes d’un puisard, d’un caniveau, d’un bassin aux rebords lisses, ou encore coincé dans un filet de protection, emprisonné dans une barrière trop hermétique, étouffé dans un pot de yaourt, une boîte de conserve, une canalisation trop étroite, à moins que ce ne soit empoisonné par des pesticides ou de l’anti-limaces, ou alors victime d’un maniaque du rangement qui veut « faire propre » en évacuant mon nid de bois, de feuilles ou de gazon ou, enfin, pourquoi pas ?, déchiqueté par un serial blaireau.
Mais le plus terrible ennemi est le doute. A quoi sert de continuer un combat démocratique local perdu d’avance à 4 voix contre 15 ? A quoi sert de défendre la solidarité, la culture, l’éducation, la protection de notre environnement, valeurs balayées par le tsunami d'une crise économique internationale où l'on nous manipule comme des marionnettes ? Oui, à quoi bon ?


Heureusement, le printemps ramène avec lui son abondance de limaces, d’escargots et de vers de terre dont je me gave à nouveau lors de mes sorties nocturnes. Avec ces nouvelles forces, je me reprends à rêver d’amour et de plein de petits hérissons qui pourront un jour prendre le relais. La vie continue avec ses joies, ses bonheurs, ses déceptions et ses drames aussi, bien sûr, mais elle continue..

Les conseils municipaux du 18 mai et du 26 mai s’annoncent et je les rêve déjà pleins de promesses pour notre petit territoire callacois...

Dalc'h da vont, paotred ha merc'hed !