samedi 21 mai 2016

Nuit de cristal à Callac.

Il ne nous manquait plus que cela  ! Voilà qu' « ils » s'en prennent au cinéma de Callac ! Avis de tempête... Y'a du roulis, y'a du « taguage» dans notre petite cité rurale !

D'abord, le tag contre le prêtre « aux origines haïtiennes » qui, depuis, est parti exercer sous d'autres cieux, espérons-le pour lui, plus cléments. Puis à la bibliothèque, le tag d'un symbole d'Extrême droite sur l'affiche  annonçant la soirée sur les camps de migrants du Nord-Pas-de-Calais et la projection du documentaire de Yolande Moreau. Et en dernier lieu, une grosse pierre à travers la vitrine du cinéma tombant, comme par hasard, pile sur l'affiche du film « This is my land *» qui sera présenté lors de la soirée organisée, comme chaque année, par l'Association France Palestine, lundi  23 mai à 20h30, en présence de la réalisatrice franco-israélienne Tamara Erde.
 Ce film qui évoque le conflit israélo-palestinien ne prend pas parti et montre, au contraire, comment chaque camp enseigne sa version de l'Histoire à ses propres enfants creusant ainsi un fossé entre les deux peuples qui, de génération en génération devient infranchissable. En s'attaquant à ce film, les casseurs font donc, en même temps qu'un acte raciste, injure à l'honnêteté intellectuelle et à l'humanisme d'une réalisatrice franco-israélienne en quête d'un espoir  de paix et qui essaie de montrer que, s'il n'est pas déjà trop tard, cette paix ne pourra se faire qu'à travers une remise en question dans chaque camp de l'Ecole et de l'Education. Mais faut-il envisager qu'il puisse y avoir eu un brin de réflexion derrière l'acte de vandalisme perpétré au cinéma ? C'est faire trop d'honneur aux vandales que de le penser !

Qui osera encore mettre en doute que quelques Callacois ont un vrai problème avec les étrangers ? On verra aussi lundi soir si le reste de la population ne s'en émeut pas plus que cela...

 Le lendemain  de ce troisième acte xénophobe, lors du conseil municipal du 19 mai, madame le maire a, cette fois-ci, réagi comme il se doit, en exprimant son inquiétude face à cette accumulation depuis quelques semaines « d'actes malveillants à connotation raciste ». Elle a proposé au conseil municipal d'adopter un vœu dans ce sens qui a été approuvé à l'unanimité des présents. Il était grand temps !
Comment se fait-il que notre commune qui symbolisait jusque-là le bien-vivre ensemble et dont on appréciait la convivialité teintée de saine ruralité, l'esprit solidaire et festif, se transforme en quelques mois en un foyer où la haine xénophobe s'exprime avec tant de violence ?
 C'est une véritable blessure pour ceux qui ont toujours apprécié l'harmonie heureuse de notre commune de découvrir tout à coup que notre communauté devient, aux yeux des territoires alentour, une vitrine nauséabonde des idées d'Extrême droite. En d'autres temps, nombreux étaient ceux  qui pensaient que les actes antisémites commis çà et là étaient  sans importance, on sait comment cela s'est terminé...** Pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire, la connotation raciste du bris de la vitre du cinéma ne manquera pas d'évoquer au premier degré La nuit  de cristal du 9 novembre 1938...

On est en droit de se demander si la parole publique porte une part de responsabilité dans cette soudaine et dangereuse dérive ? Le comportement et les propos de notre classe politique, locale et nationale, n'encouragent-ils pas ce lâcher-prise fétide dans lequel s'engouffrent quelques extrémistes d'ici et d'ailleurs ?

Le conseil municipal de ce jeudi 19 mai n'en donnait-il pas, toutes proportions gardées, quelques exemples ?

La majorité municipale  poursuit son œuvre d'aménagement du marché aux veaux en proposant quelques dépenses supplémentaires. Denis Lagrue s'est fait vertement rabroué car il osait demander le coût total du projet  qui demeure pour la population une véritable nébuleuse. Cela ne devrait pourtant pas être difficile, quand on prétend en avoir la maîtrise, d'annoncer un chiffre précis TTC tenant compte de tous les avenants et aménagements à venir alors qu'on est arrivé à la moitié des travaux sur le bâtiment ! Après une brève joute oratoire, madame le maire  s'est engagée à communiquer ce chiffre global dans le prochain bulletin. Donc encore un peu de patience... Cette somme dépasse, pour l'instant, les 600  000 € TTC et rappelons que le projet de l'ancienne majorité qui « devait ruiner Callac et bloquer tous les investissements » s'élevait à 465 000 € !!! 

En fin de conseil, Lise Bouillot a fait part de son inquiétude et de sa difficulté à appréhender le casse-tête de la nouvelle communauté d'agglo. Comme prévu, en rentrant dans les détails des compétences et des finances, on s'aperçoit que le monstre « paimpolocentrebreton » ne pourra pas fonctionner sainement tant grandes sont les dissemblances entre les différents territoires. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les élus des communes autour de Paimpol aient gain de cause dans leur recours au tribunal administratif contre la décision préfectorale. Il sera peut-être encore temps de rejoindre la CCKB, comme nous l'avait proposé le préfet à l'origine, ce qui préserverait une chance de construire un jour un Grand Poher, avec d'autres personnalités plus soucieuses de l'intérêt de leur population que de leurs prérogatives. On peut toujours rêver.

Madame le maire a  expliqué que l'accueil des migrants dans l'appartement de l'école Sainte-Anne ne se ferait probablement pas faute de candidats, les migrants de Calais n'ayant qu'une idée : rejoindre l'Angleterre dont le fonctionnement économique correspond beaucoup plus à leurs aspirations.

Pour finir, Corinne le Coz a demandé ce qui avait motivé l'arrachage surprise  à la pelleteuse de la rocaille du jardin de Pors Anken . Il lui a été répondu que cette création de notre personnel des espaces verts était dans un triste état (????) et que, de toute façon, il n'avait jamais plu à notre première magistrate. Quelques voix se sont élevées, y compris de la majorité, pour défendre cet aménagement esthétique et agréable.

Au fond, sur le plan symbolique de la violence, y a-t-il une grande  différence entre un tracto dans un jardin zen et un pavé dans un cinéma ?


* « This is my land » : «  C'est ma terre »

** Méditer à ce propos sur la lucidité de Pierre Desproges et son aphorisme prémonitoire ( 1982) ci- dessous. Trente-trois ans plus tard, on envisage pour la prochaine élection du président de la République un duel auquel participerait l'Extrême droite ! On y est !



























 
Réalisé à partir de la photo du Télégramme parue le vendredi 20 mai 2016





mardi 10 mai 2016

Le « Petit Soleil du XXI siècle » s’est levé sur Callac...

L’entreprise de démolition continue... Après avoir dévoyé l’esprit initial du projet d'aménagement du foirail qui se voulait participatif, esthétique et pédagogique, après avoir fait voler en éclats notre ralliement à Poher-Communauté pour des questions d’amour-propre indignes de la responsabilité d’un élu du peuple, voici que madame le maire poursuit son œuvre en saccageant le jardin de Pors Anken .

La municipalité précédente dont elle faisait, rappelons-le, partie  avait confié au personnel du service espaces verts de la commune la conception et la réalisation de ce semi-enclos non constructible afin que les jardiniers puissent exprimer leur créativité en toute liberté. De là était né un joli lieu paisible à mi-chemin entre les jardins zen à la japonaise et les  doux affleurements granitiques  et intemporels de notre Centre-Bretagne.
  
Hélas, aujourd'hui, changement de braquet et, dans le droit fil de la mise au pas du personnel et de la mise en place d’une surveillance par géolocalisation pour pister les agents communaux, madame le maire n’y est pas allée de main morte : elle a fait enlever au tractopelle les blocs de granit du jardin qui semblaient être là depuis toujours, comme polis et adoucis par le temps... Et tout cela parce qu’elle n’aime pas, dit-elle, l’élément minéral... manifestant surtout ainsi le plus grand mépris pour les auteurs de cette composition, sans compter l’inutile gabegie publique résultant  de son caprice d'autocrate.
   
Adieu donc ce petit coin de « zénitude », aspiration pourtant tout à fait légitime et dans l'air du temps en ce monde chaque jour plus stressant. Les Callacois  s'en passeront... On attend maintenant à la place quelques mètres supplémentaires de pelouse et de grillage « bleu gendarme » qui semblent, au yeux de notre première magistrate, représenter le comble du bon goût.

A n’en pas douter, ses électeurs se réjouiront de voir s’accomplir sous leurs yeux les grands desseins de notre «  Petit Soleil du XXI ème siècle » à nous ! Qu'il en soit fait selon son bon vouloir !   Longue vie à notre dirigeante !
  
Les autres se demanderont sans doute jusqu’où elle ira dans le mépris et l’irrespect du personnel communal et, plus largement, de ses concitoyens ainsi que dans quel état elle laissera l'espace et l'âme de notre commune dans quatre ans ...





























mercredi 13 avril 2016

LE PIRE N'EST JAMAIS CERTAIN ...


Beurk ! Je n’aurais jamais dû toucher à ce gâteau d’anniversaire ! Le peu que j'en ai mangé m’a rendu bien malade et j’ai l’impression que je ne suis pas le seul, au vu du peu de commentaires exprimés sur la recette  de notre célèbre pâtissière locale.

Mais où sont donc passés tous ces fidèles et zélés soutiens, prompts à voler au secours de leur gente Dame ? Le gâteau les aurait-il aussi anéantis ? N'auraient-ils pas digéré les couleuvres avalées depuis 2 ans ?
Il faut dire qu’à peine remis de cette intoxication, il a fallu avaler l’affaire Mikerson Olivier, tout aussi toxique !

Mais qu’arrive-t-il donc à notre pauvre Callac ? Il est vrai que ni son architecture ni sa situation géographique n'ont jamais fait d'envieux mais la vie y était paisible et chacun  reconnaissait le sens de l’accueil de ses habitants et leur belle et riche vie associative.
Et voilà que, patatras, en deux, trois ans, envolés, à quelques rares exceptions près, le bien- vivre ensemble, le sens de la fête et de la solidarité. Pire voici que notre commune qui fut un exemple de l'accueil de l'Autre se voit aujourd'hui marquée au fer rouge de l’infamie raciste.

Comment en est-on arrivé là ? Cette atmosphère délétère ne serait-elle pas  liée aux propos insidieux distillés pendant la dernière campagne électorale, aux mensonges, aux promesses non tenues, aux non-dits, aux petits calculs d’intérêt personnel, à l’absence de conscience  politique ? Se poser la question, c'est déjà y répondre et, soit dit en passant, par là même comprendre aussi  pourquoi est né « Le Hérisson Callacois » qui s'efforce avec ses faibles armes  de mettre en lumière ce que l'on voudrait souvent cacher sous le manteau.

 On peut aussi se demander quelle est la part des  propos innocemment distribués par ceux qui détiennent à la fois autorité morale et  parole publique .

Dans le bulletin paroissial  «  Mouez an Argoat » d’avril 2013 , on pouvait lire : «  Mais on ne doit recevoir et garder chez nous que ceux qu’on est en mesure d’accueillir décemment, à qui on peut donner pain, logement et travail, éducation, ceux qui veulent intégrer notre société, en apprendre la langue, en respecter les lois, les mœurs, les religions déjà présentes. Sinon, préparons-nous à leur  dissolution progressive, à leur submersion dans le temps par une autre civilisation, culture, tradition, religion, langue… à échéance possible d’une cinquantaine d’années... Le voulons-nous ?  »
Ce genre de propos de la part de responsables ecclésiastiques locaux ne sont-ils pas de nature à attiser les esprits alors qu’une petite musique monte et s’insinue partout dans notre société, une petite musique que nous reconnaissons bien et qui s’est toujours  terminée jusqu’à présent dans un tintamarre xénophobe et destructeur ?

Le  dernier exemple en date de ce comportement propre à détruire  confiance et unité entre les gens et à n' apporter que méfiance et rancoeur est la prévision dans le dernier budget d'une ligne de trésorerie pour que la commune s'équipe d'un système de géo localisation du personnel et cela sans que ce dernier  en ait été informé  officiellement. Pourtant n'est-ce pas la qualité des rapports humains qui conditionne la qualité du travail accompli ?

N’est-il pas temps de rectifier le tir... à moins qu’il ne soit déjà trop tard !































lundi 28 mars 2016

Un joyeux anniversaire ?

Après la frugale période d'hibernation plutôt tourmentée que je viens de traverser et les derniers événements callacois, nul ne s'étonnera que je rêve pour me remplumer les flancs et les piquants d'un bon gros gâteau bien roboratif dégoulinant de crème, de chocolat et de meringue. Et le prétexte pour me mettre aux fourneaux est tout trouvé :  les deux ans de mandat de notre maire, ça se fête ! Bien sûr, en la circonstance, à tout seigneur tout honneur, la recette qui s'impose immédiatement à mon esprit est celle du célèbre « Gâteau de la maire Bouillot », recette qui  a permis à notre édile de rouler dans la farine une bonne partie des Callacois, notamment de gauche,  séduits en mars 2014 par la maestria de ce Top chef de la pâtisserie locale et électorale.
     
Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, madame Bouillot, joyeux   anniversaire ! 

                                                                                                 
  
Cette ritournelle en tête  et l'eau à la bouche, je me lance donc dans l'étude de cette  nouvelle recette rentrée depuis deux ans dans le patrimoine  culinaire callacois.
                                   
 Recette du gâteau de la maire Bouillot

Le gâteau comporte trois étages. Le premier étage est composé d'une bonne génoise bien ferme et bien moelleuse. Pour ce faire, mélanger les  finances très saines héritées de la précédente brigade de cuistots, l'endettement maîtrisé de longue date et le  gel des taux d'imposition. Puis incorporer progressivement les différents programmes déjà mis en place avant 2014 (accessibilité, bâtiment multifonctions, aménagement du marché aux veaux, service communication, entretien de routine de la voirie et des bâtiments, maîtrise de l'énergie en lien avec l'ALECOB, équipement du lotissement de Kerret en lien avec l'ADDAC.). Mettre au four soigneusement préchauffé ( thermostat 7 ) pendant 6 mois jusqu'à obtenir une belle couleur dorée et appétissante et surtout ne pas hésiter à s' en attribuer le mérite.

Ensuite pour mettre en place le deuxième étage du gâteau, étaler sur cette consistante  base une  très épaisse couche de crème de synthèse  riche en colorants et  arômes artificiels.
Il est conseillé d'opter pour un parfum à la gouvernance démocratique, très au goût du jour  même s'il laisse souvent en bouche une certaine amertume, ce qui est particulièrement le cas de la variante callacoise de cette crème  dont voici la composition et les dosages conseillés :

Verser à la louche :

   concentré de revirements électoraux
extrait de comportement autocratique envers la majorité municipale et le personnel
  léger caramel de décisions votées par l'ensemble du conseil et non prises en compte
farine à rouler pour réunions publiques qui ne servent qu'à présenter ou entériner des décisions déjà prises
–   huile vierge pour graissage de girouette
–   macédoine de contre -vérités

Ajouter à  volonté :

  muselé de  presse en réunion publique ( projets miniers, «  off » du conseil municipal )
  écrasée de téléphones multimédias (durant les conseils)
  piment de la Sainte-Barbe en hommage à nos pompiers

A saupoudrer avec la plus extrême parcimonie en un insoupçonnable nuage :

  chapelure de consultations citoyennes
  concassé de comité de pilotage pour  projet
inconsistante et versatile pincée d'humanité dans la prise en compte des problèmes

  La  troisième partie du gâteau, pour compenser la lourdeur de la partie centrale devra être très légère. C'est la plus spectaculaire mais aussi la plus délicate car il s'agit de couronner la pâtisserie d'une aérienne meringue  en forme de dôme symbolisant le paradis promis. Monter les blancs d'oeufs en neige et les mettre à four très doux, faute de quoi la jolie promesse de dentelle meringuée s'évanouira en quelques instants.

Nota Bene : Il se dit dans Callac que cette difficulté n'est toujours pas maîtrisée par madame Bouillot toute virtuose qu'elle puisse être en matière de gâteaux et de promesses. Ainsi, disparus le conseil bis des jeunes et la rénovation de l'aire de jeux. Oubliée la défense de la poste maintenant fermée le lundi toute la journée, au grand dam des commerçants. Envolés l'animateur économique, l'annulation du projet pharaonique du foirail, le refus des rythmes scolaires et des TAP. Perdus de vue à ce jour le zérophyto, les jardins, vergers et potagers  partagés, la revitalisation du marché, la relance du commerce local...
Après ce petit aparté, je reviens à la recette : Pour terminer, même en cas de flop total de la meringue, ne pas oublier la cerise sur le gâteau.

Vous le savez, je suis un incorrigible bavard et ne puis m'empêcher d'ajouter à ce propos qu'on raconte sous le manteau et même dans la presse que la  cerise promise s'est transformée en dernier lieu en un amer noyau propre à se casser les dents. Ce noyau, difficile à avaler et à digérer, vous l'aurez compris, est l'échec dans le cadre de la réforme territoriale de la fusion promise avec Poher Communauté. Je vous en ai déjà beaucoup rebattu les oreilles tant j'y attache d'importance et n'enfoncerai pas davantage le couteau ( de cuisine) dans la plaie.

Pour ne rien vous cacher, finalement, rien que l'évocation de cette montagne de crème frelatée a suffi à me conduire jusqu'à l'écoeurement et m'a coupé l'appétit et l'envie de faire la fête. J'ai  déjà dans la bouche et je ne suis pas le seul comme un goût amer de tristes lendemains  de bombance et d'ivresse.

 De son côté, madame le maire semble s'apprêter à savourer d'ici quelques jours, son gâteau d'anniversaire avec entrain. Il faut croire que les perspectives d'adhésion à Guingamp Communauté lui ont réveillé l'appétit.

 Mais, Chère Madame le Maire, n'allez ni jusqu'à l'indigestion ni jusqu'à la carie dentaire par abus de sucre ! J'ai pu constater, à mon grand regret, que  le désert  médical prévisible qui s'installe à Callac n'a jamais fait partie de vos préoccupations tant pendant la campagne électorale qu'aujourd'hui, aussi  ne voudrais-je surtout pas que votre petit gâteau  d'anniversaire  puisse vous causer un quelconque désagrément d'ordre digestif…


Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, madame Bouillot, joyeux anniversaire !





























samedi 27 février 2016

Dernières nouvelles du front...

Mais c'est qu’ils ont failli m’enfumer, ces allumés du pneu*, ces enflammés de la saucisse grillée ! Moi qui pensais passer tranquillement l'hiver sur le rond-point de Kerguiniou  au pied des jolis plants d’arbres qu’une poignée d' inoffensifs écologistes  avaient plantés pour fêter la COP21... voilà que je me retrouve dans la peau d’un envoyé spécial expédié en première ligne en zone de guerre !

Quel carnage ! Vision d'apocalypse qui risque de durer car le pire est que madame le maire de Callac a opté pour le statu quo et a décidé de ne pas toucher à ce « jardin partagé » à l'esthétique très contestable au motif qu’elle ne veut pas payer pour les  agriculteurs ou pour le département... C'est sans doute sa participation à l’année du centenaire de la bataille de Verdun. Il suffirait d'un beau discours et d'une petite plaque commémorative, d'une photo dans le journal avec les artistes  créateurs de ces oeuvres de « Hard art » et le tour serait joué, ça pourrait déplacer des foules... Enfin, mieux vaut en rire pour ne pas en pleurer...

 Après ce dramatique épisode où j’ai bien failli finir gazé ou grillé façon chipolota, c’en est bien fini de mon hibernation. J'espère que cette précoce douceur printanière va me redonner goût à la vie et que je vais pouvoir retrouver le plaisir de trotter tranquillement le long de la voie ferrée d’autant plus que celle-ci est en réfection et que je n’ai pas à me soucier du passage du TER...

Mais cela sera-t-il suffisant pour me remettre un peu de baume au coeur ? Mes nuits blanches étaient-elles prémonitoires ? Que Callac me paraît triste ! Toutes ces maisons à vendre. Les rumeurs chaque jour plus alarmantes sur la fermeture de plusieurs commerces. Le désert médical qui s'annonce...  Quel tableau ! Avec maintenant en plus aux deux entrées de la ville nos ronds-points rendus dantesques  par des agriculteurs en plein désarroi qui  trouvent un exutoire à leur détresse en rajoutant des problèmes à un territoire qui n'en manque déjà pas. Ils se trompent de cibles, de méthode et de ... meneurs !

Il est vrai que madame le maire ne peut pas être sur tous les fronts. Le champ de bataille de la réforme territoriale semble plus semé d'embûches qu'elle ne l'imaginait. La voilà fâchée avec Christian Troadec, le président de Poher Communauté,  celui qu’elle invoquait depuis des années  tel un héros salvateur : Ô futur Lancelot du Lac de la Verte Vallée, Ô messie du Centre Bretagne, Ô Robert Bourdin breton !
Rappelez-vous le premier texte du Hérisson Callacois en avril 2014 :

« Dans ce blog, vous pourrez suivre le combat de Sanzétikète Doré et du Comcom commun, Argoatus Callacus ? Qui l’emportera ? Quelle engeance produiront les amours de Sanzétikète doré et du Troadecus vorgensis , ce monstre friand de saints en granit et de Comcoms communs ? Cette fresque onirique vous entraînera dans le dédale de la locale-politique. »

Eh bien vous avez la suite ! Troadecus vorgensis a trahi effrontément Sanzétikète Doré avec la Grande Prêtresse de Carnoët. Le cœur de la délaissée est brisé tandis que le traître se pourlèche les babines devant cette énorme pièce montée de saints en granit qu’on prépare pour la cérémonie de mariage début 2017.

Dans ce combat de Titans, le fourbe et rusé Comcom commun Argoatus  Callacus sourit dans l’ombre. Son plan machiavélique a fonctionné encore mieux qu'il ne l'espérait. Meurtrie au plus profond de son âme , Sanzétikète Doré s’apprête à se retirer au couvent des Ursulines où siège  la communauté de communes de Guingamp et où elle pourra méditer tout à loisir ses égarements amoureux. Pourtant, elle avait été prévenue ! Ne te jette pas ainsi dans les bras de cet ogre monstrueux ! Garde tes distances ! Fais-toi désirer ! Ne t’offre pas trop vite ! Mais voilà , il est bien tard pour écouter ces sages conseils.

La saga se terminera-t-elle ainsi ? Qui sait ? Tout peut encore changer. Il faut dire que les fourberies et les rebondissements n'ont pas manqué dans cet imbroglio. Souvenez-vous : le 17 novembre dernier, le conseil municipal de Callac votait dans une belle unanimité  la fusion avec Poher Communauté en s’appuyant sur de solides arguments (qui demeurent d'ailleurs tout aussi solides aujourd’hui) cela n'a pourtant pas empêché, quelques semaines plus tard, les sept délégués communautaires de notre commune de demander à rejoindre Guingamp ! Et cela sans consulter à nouveau le conseil municipal et encore moins les électeurs  dont certains avaient élu Lise Bouillot pour qu’elle unisse Callac à Carhaix.

Il y a fort à parier que ces problèmes de personnes et ces sombres manœuvres arrangent bien  le préfet qui voyait d'un mauvais oeil le saute-mouton par-dessus la frontière du département. Callac risque donc de se retrouver au bout d'un  territoire aberrant en forme de chapeau de sorcière, long d’une centaine de kilomètres, regroupant des communes touristiques et riches du bord de mer comme Paimpol, des communes urbaines autour de Guingamp, des communes rurales plutôt dynamiques au nord de la RN12  et nos pauvres communes purement rurales du  Centre Bretagne que nos futurs associés surnomment déjà, un brin moqueurs, le « Sud hent douz ».
Bref, un territoire hétérogène, réunissant des collectivités aux  intérêts divergents, dans lequel nous risquons fort d'être la dernière roue du carrosse !

Dans cette assemblée d’une petite centaine de membres, il faudra compter avec des barons politiques de haute volée nantis d’une forte personnalité tandis que chacune des communes de notre ex-canton aura un petit représentant à l’exception de Callac qui en aura deux, bien mince consolation...
  
L’arrêté préfectoral définitif sera signé  le 31 mars, arrêté  sur lequel le conseil municipal de Callac devra de nouveau se prononcer avant le 30 août 2016. Nos conseillers municipaux renieront-ils leur décision mûrement réfléchie du 17 novembre 2015 ou devront-ils manger cet indigeste chapeau d’Halloween ?

 Il est temps qu'arrive  le printemps, sa douce lumière et son souffle léger, peut-être nous aidera-t-il à sortir de ce psychodrame riche en coups tordus de toutes sortes et qui pourrait, il est vrai, être drôle s’il n’était si désastreux pour notre petite commune !
                                           
                                                     ________
* Merci au lecteur ou à la lectrice qui nous a soufflé cette périphrase dans son commentaire  !